Macron fait front à Le Pen

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Georges Michel 6 avril 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

 

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Ça y est : Emmanuel Macron est entré en campagne. À cinq jours du premier tour, il était temps ! Initialement, cela devait être une promenade militaire, une formalité administrative. Une lettre aux Français, torchée sur le coin de la table, avait été envoyée à la veille de la date limite pour déposer sa candidature, le cachet de la Poste faisant foi, et puis basta ! Et en fait, non. Semaine après semaine, jour après jour, Marine Le Pen progressait dans les sondages, ces sondages qui ne veulent rien dire mais quand même, tandis que le Président-candidat se tassait. À cinq jours de l’échéance, cinq points les séparent au premier tour et au second tour, Emmanuel Macron ne l’emporterait plus qu’à 51,50 %, contre 48,50 % (quasiment dans la marge d’erreur), alors que l’affaire McKinsey vient agacer la Macronie. Là, du coup, on ne rigole plus.

Fini, la promenade de santé, la campagne sans faire campagne. Les affaires du monde, c’est bien, mais ce n’est pas Zelensky qui fera gagner l’élection présidentielle.

Donc, on commence à se bouger. La semaine dernière, déjà, on avait agité l’épouvantail à extrême droite, celle qui aurait « dévacciné » en janvier si elle avait été au pouvoir : plus c’est gros, plus ça passe. Et mardi, « le candidat » a sorti l’artillerie des grands jours pour pilonner son adversaire principal, Marine Le Pen, dans un entretien donné à EBRA, le plus grand groupe de la presse quotidienne régionale français (regroupant des titres du Grand Est au Sud-Est comme Le Progrès et Le Dauphiné).

Fini, les subtilités, que du lourd maintenant, du qui tache. « Il faut dire les choses : on parle d’une dame qui est héritière d’un clan, qui est aux élections présidentielles depuis les années 60. » Une remarque : vaut-il mieux faire partie d’un clan que d’un gang ? En effet, n’a-t-on pas parlé de « hold-up » lorsque Macron et son équipe s’emparèrent du pouvoir, en 2017 ? BFM TV, en 2018, à l’occasion de la sortie du reportage « Le Casse du siècle », avait rapporté les propos de Corinne Lepage, ancien ministre de Chirac, sur le premier cercle des macronistes : « Des gens “imperméables” aux avis extérieurs, dans une “verticalité totale”, dans le genre du Parti communiste des années 50. » La journaliste Laurence Haïm avait parlé, elle, de gens « prêts à mourir » pour Macron. Là, on penche plus du côté de la secte que du gang…

Deuxième remarque : qu’est-ce qui interdit aux rejetons de la famille Le Pen de se présenter aux élections ? En votant Marine Le Pen, ses millions d’électeurs savent à quoi s’en tenir. Faudrait-il instituer une sorte de loi d’exil qui interdirait aux « fils et filles de » de se présenter aux suffrages de leurs concitoyens ? Il y a des familles de politiques comme il y a des familles de médecins, de militaires. De banquiers aussi… Emmanuel Macron, qui fit ses armes chez Rothschild, en sait quelque chose.

Alors, face au « clan Le Pen », et plus largement à « l’extrême droite » en y associant Zemmour, Macron se présente en rassembleur : « Nous avons un tandem qui est à l’œuvre, un tandem d’extrême droite qui divise et fracture la France. » Ce qui ne manque pas de sel de la part d’un Président qui a clivé, fracturé, divisé les Français comme jamais et qui a laissé se développer le communautarisme dans le pays.

Une rhétorique somme toute assez classique qui préfigure le « faire barrage » qui vient. A contrario, on peut d’ailleurs imaginer que s’érige dans les deux semaines qui viennent un barrage de nouvelle génération : le barrage au macronisme !

Mais cette rhétorique révèle en creux la menace sérieuse que voit venir Macron : l’élection de Marine Le Pen est aujourd’hui possible, d’autant que pour la première fois, elle bénéficiera d’une réserve de voix importante. L’appel à l’union lancé par Bruno Gollnisch, Sébastien Meurant et Paul-Marie Coûteaux sur Boulevard Voltaire, cette semaine, s’il reçoit un écho dans le pays, pourrait bousculer les choses et renvoyer le clan de la Macronie à ses études.

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