Valeurs actuelles:lettre quotidienne

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JEUDI 7 AVRIL 2022
L’ACTU DU JOURCampagne présidentielle : la peur monte et la confiance baisse en MacroniePanique en Macronie. « Bien sûr qu’elle peut gagner. […] Son programme est dangereux », alerte un Édouard Philippe inquiet, dans les colonnes du Parisien, la dernière semaine avant le premier tour. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, est aujourd’hui vue par Emmanuel Macron comme la femme à abattre, ou l’adversaire nécessaire pour remobiliser ses troupes.
 
La candidate RN est créditée de 23 % dans le dernier sondage Ifop-Fiducial et possède une belle dynamique. De son côté, Emmanuel Macron, à 27 %, voit son électorat s’effriter. À cause de cette situation pour le moins préoccupante, la Macronie se voit dans l’obligation de dynamiser sa campagne et de rassembler ses électeurs. La stratégie est la suivante : agiter le « risque Le Pen » pour s’afficher en ultime rempart.

Le déplacement en Bretagne ce mardi du président sortant lui a permis de s’attaquer à Marine Le Pen. Sans retenir ses coups, il a fustigé ses « fausses promesses » et dénoncé son « projet mortifère ». Ses troupes ont également participé au projet de “rediabolisation”. « Le président a sonné la mobilisation contre elle », s’est félicité un conseiller de l’exécutif. Lors d’une réunion à Caen mercredi soir, Élisabeth Borne, ministre du Travail, a durement dégainé : « Imaginons un instant que Marine Le Pen a été élue en 2017. Les Français auraient-ils été protégés avec des vaccins efficaces ? Non, ils auraient reçu des vaccins russes et chinois défendus par Mme Le Pen. » La secrétaire d’État Olivia Grégoire a jugé auprès de l’Opinion que « même le maréchal Pétain n’avait pas osé promouvoir des mesures si dures », rien que ça.

Ce calcul stratégique ne fait cependant pas l’unanimité au sein du camp des marcheurs. « L’argument moral ne marche pas depuis longtemps, il donne un sentiment de culpabilité aux électeurs », murmure une députée LREM. Pour le député Sacha Houlié, lui aussi LREM, « il ne suffit pas de faire peur, il faut dire ce qu’est Marine Le Pen ». La condamnation sémantique est donc critiquée, et pourrait même provoquer un effet miroir. Guillaume Tabard, journaliste, écrit dans le Figaro que « valoriser une logique de “front” défensif, c’est prendre le risque qu’un “tout sauf Le Pen” réactive un “tout sauf Macron” ». À soixante-douze heures du premier tour, cette stratégie se révèle à double tranchant, de quoi donner des cauchemars à la Macronie.ÇA SE PASSE EN FRANCE Valérie Pécresse : un sprint final sous le signe du régalien Voici venue l’heure du sprint final pour les candidats à l’élection présidentielle, dont le premier tour se déroule dans trois jours. Pour Valérie Pécresse, c’est l’occasion de marquer le coup et mettre en avant les propositions phares de son programme. Ce mercredi, la candidate LR s’est rendue en banlieue parisienne pour parler du régalien. Sur le terrain, à Aubervilliers, Valérie Pécresse a voulu se montrer proche des habitants, écoutant un à un leurs témoignages. « Alors, ça squatte, chez vous ? Ben, ça ne va pas squatter longtemps », lance-t-elle aux passants, visiblement très à l’aise. Des mères de famille lui font part de l’insécurité ambiante dans les quartiers : occupations d’immeubles, trafics de drogue, passages à tabac… La candidate rappelle son mantra : « impunité zéro » pour la délinquance : « Il faut enlever la racaille, c’est insupportable », s’insurge-t-elle. Elle s’est aussi rendue dans un centre de détention à Nanterre, accompagnée par Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux. Pour la candidate LR, ces derniers jours doivent être le symbole de la droite forte, qu’elle a voulu porter dans son programme. Un message qui ne passe pas inaperçu, alors qu’il est maintenant sûr que Nicolas Sarkozy ne la soutiendra pas. N’en déplaise à l’ancien chef de l’État, Valérie Pécresse veut prouver qu’elle est la digne héritière de la droite, ancrée au régalien. C’est aussi l’occasion de faire oublier les chamailleries internes et les maladresses de sa campagne.La famille Samuel Paty porte plainte contre XCoup d’éclat mercredi, lorsque la famille de Samuel Paty a porté plainte contre X pour “non-assistance à personne en péril et non-empêchement de crime”. La plainte concerne également plusieurs agents des ministères de l’intérieur et de l’Éducation nationale. L’avocate de la famille, Virginie Le Roy, dénonce des fautes qui ont été « tant du côté de l’Éducation nationale que du côté du ministère de l’Intérieur, sans quoi Samuel aurait pu être sauvé ». Une annonce qui a particulièrement surpris l’ancienne compagne du professeur, qui a déclaré par l’intermédiaire de son avocat qu’elle ne souhaitait pas s’associer à la procédure lancée par la famille : « Elleconsidère que seule l’idéologie salafiste est responsable de la mort de Samuel Paty et que l’État l’a toujours soutenue, elle et son fils », a exprimé MFrancis Szpiner sur Twitter. Pour autant, la famille pointe un manquement de l’administration : « Dès le 8 octobre et jusqu’au 16, Samuel Paty, la principale et les enseignants ont identifié une menace grave pour leur intégrité physique et la sécurité du collège. » Et pour cause, à la suite de la médiatisation de la vidéo d’un père d’une des élèves du professeur dénonçant un prétendu blasphème, l’affaire prend de l’ampleur. Pour rappel, le 5 octobre 2020, Samuel Paty, lors d’un cours à une classe de 4e sur la liberté de la presse, montre une caricature du prophète Mahomet. Durant quasiment deux semaines, l’affaire continue de créer beaucoup de remous dans les milieux islamistes. Ce triste engrenage débouche, le 16 octobre 2020, sur la décapitation du professeur, perpétrée par Abdoullakh Anzorov, un réfugié russe tchétchène de 18 ans, qui sera abattu par la police peu après l’attentat. Plus d’un an et demi après l’assassinat de Samuel Paty, cette plainte risque d’aggraver les tensions pour les deux derniers jours de campagne d’Emmanuel Macron. LA PERLE MACRONISTE DU JOURQuand les impôts des Français financent… deux fois la même missionAffaire des cabinets de conseil, saison 1, épisode 3. Alors que l’on apprend que le Parquet national financier ouvre une enquête sur les soupçons de fraude fiscale de McKinsey sur ses activités en France, une ultime révélation du magazine l’Obs, relative à un autre cabinet, pourrait polluer la campagne de la Macronie. La mission des “1000 premiers jours”, confiée par le chef de l’État au neuropsychiatre renommé Boris Cyrulnik, en 2019, afin d’améliorer la prise en charge de la petite enfance, est régulièrement mise en valeur par l’exécutif comme l’une des réussites du quinquennat. Petit hic ? Selon les informations de l’Obs, parallèlement à cette commission, composée de 18 membres, le cabinet de conseil Roland Berger a été mandaté pour plancher également sur la question. « Je suis étonné et désorienté par cette nouvelle », a réagi Boris Cyrulnik, nullement au courant de ce “doublon” financé par les impôts des Français. Sollicité par le HuffPost, le service de presse de l’Élysée a assuré qu’Emmanuel Macron « n’était évidemment pas au courant » car « ces décisions de gestion dépendent des ministères ». On n’attendait pas meilleure réponse de la part de ce gouvernement. Opacité, quand tu nous tiens. À quelques jours d’un scrutin présidentiel très indécis, le “couac qu’il en coûte” jupitérien semble avoir de beaux jours devant lui…IL ÉTAIT UNE FOIS DANS UNE FRANCE ENSAUVAGÉELa violence des mineurs isolés explose en Île-de-FranceDans l’agglomération parisienne, la délinquance des mineurs étrangers isolés a explosé en cinq ans. Le nombre de leurs mises en cause pour violence a augmenté de… 407 %, passant de 290 à 1471 entre 2016 et 2020. Chiffre d’autant plus inquiétant que, dans la majorité des cas, ces délinquants sont relâchés dans la foulée. Pourtant, dès juin 2002, un rapport d’enquête sénatorial, intitulé « La délinquance des mineurs : la République en quête de respect » notait que « les mineurs de moins de 16 ans représentent 12 % des personnes interpellées par la sécurité publique et près de 49 % des mineurs mis en cause ». Le criminologue Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS et auteur d’une étude sur « la délinquance des jeunes », s’est exprimé fin mars devant une mission du Sénat. Selon lui, la police fait moins de prévention dans les quartiers défavorisés, où seuls 23 % des élèves ont vu un intervenant en uniforme. Il précise : « Les quartiers pauvres sont considérés par les policiers comme “perdus” et la prévention inadaptée. La seule solution, aux yeux des policiers, est la confrontation : il faut reconquérir le terrain par la force et l’intimidation. » La multiplicité des contrôles policiers dans les cités serait à l’origine d’un sentiment de révolte, même si, concède le chercheur, « le raisonnement de la police est que les quartiers les plus criminogènes nécessitent plus d’attention, et donc plus de contrôles, afin de garder la maîtrise de la délinquance et des nuisances associées ». Au prochain président d’endiguer un fléau qui prend chaque année un peu plus d’ampleur…PERLES POLITIQUES DU JOUR« On donne des arguments aux électeurs pour que l’abstention se renforce. »Philippe Poutou. En difficulté dans les sondages (entre 1 et 2 % des voix), le candidat NPA à la présidentielle a déploré, dans Libération, l’absence d’Emmanuel Macron dans les débats d’avant le premier tour. Sincère coup de gueule ou simple manière de préparer le terrain de sa défaite ?« Les électeurs se font laver le cerveau par des gens qui disent que c’est le vote utile qui va faire le résultat de dimanche. »Anne Hidalgo. La candidate PS à la présidentielle, invitée de France 2 mercredi soir, tire à boulets rouges sur le concept de vote utile. Quitte à ne pas voter utile, autant voter inutile, alors. Auquel cas Hidalgo pourrait être élue dès le premier tour…« Le problème de Jean-Luc Mélenchon, c’est que, comme au fond il est tellement antiaméricain, il a soutenu toutes les dictatures qui étaient antiaméricaines. » Yannick Jadot. Alors qu’il est à la peine dans les différentes enquêtes d’opinion, le candidat EELV sort la sulfateuse pour tenter de décrédibiliser son rival insoumis, donné aux portes du second tour. Pari gagnant ?LE TWEET DU JOURL’IMAGE DU JOURC’est le grotesque photomontage partagé sur Twitter par le compte de l’ambassade de France en Russie, qui dénonce un « plateau de tournage » sur les lieux de la tuerie de Boutcha. Désinformation, quand tu nous tiens…LE CHIFFRE DU JOUR66 %À trois jours du premier tour de l’élection, c’est le pourcentage de Français souhaitant changer de président, selon un sondage CSA pour CNews dévoilé aujourd’hui. LA VIDÉO DE LA RÉDACTIONMacron et l’affaire McKinsey. Alors que le Parquet national financier vient d’ouvrir une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale visant des cabinets de conseil ayant travaillé pour le gouvernement, VA+ décrypte le “scandale McKinsey” qui agite la sphère politico-médiatique depuis la parution du rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur l’influence de ces cabinets. Alors, affaire d’État ou simple boule puante de fin de campagne ? À quelques jours du premier tour d’une élection que tous les commentateurs estimaient jouée d’avance, on fait le point dans cette vidéo.

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