Crise migratoire à la frontière mexicaine : bourbier impossible pour l’administration Biden

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Gaëlle Baudry 9 avril 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

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L’idéologie mondialiste du flux, du mouvement perpétuel et de l’accueil immodéré se craquèle de toute part en Occident. On le voit en Europe, on le voit également aux États-Unis. Outre-Atlantique, c’est de la gestion de la frontière sud dont il est question, véritable tonneau des Danaïdes.

Si cette frontière est problématique depuis des décennies, Trump avait eu le mérite de réintroduire un discours rigoriste dans le débat public. Or, le laxisme des Démocrates revient au galop et, surtout, met en lumière une gestion calamiteuse.

Lors de sa campagne, Joe Biden avait promis de démanteler la politique stricte d’immigration mise en place par Donald Trump en janvier 2019, connue sous le nom de « Remain in Mexico » (Rester au Mexique). Cette disposition obligeait les personnes arrêtées à la frontière à rester au Mexique jusqu’à leur comparution devant le tribunal américain pour traiter leur dossier de demande d’asile. Autant dire que ceci avait eu un effet assez dissuasif.
À son arrivée, en février 2021, Biden a donc tenté de mettre fin à cette politique, d’où sans doute les records de flux enregistrés. En août 2021, le nombre de clandestins appréhendés à la frontière sud connut une augmentation de +317% par rapport à l’année précédente.

De même, ces derniers mois, la tension migratoire est plus forte que jamais. D’octobre 2021 à février 2022, soit en cinq mois, la police des frontières a interpellé 838.685 clandestins. Raul Ortiz, le chef de la police frontalière des États-Unis précise que celles-ci atteignent, ce début avril, d’ores et déjà le million et projette un chiffre de 2,7 millions à la fin de l’année fiscale, en octobre 2022. Si un petit nombre est placé en détention, les autres sont – dans l’attente – entassés dans des conditions très précaires.

Pourtant, depuis l’été dernier, l’enthousiasme des plus laxistes est redescendu suite à divers rejets par les tribunaux fédéraux et la Cour Suprême, ainsi que des négociations avec le gouvernement mexicain. L’administration Biden a dû faire marche arrière et revenir aux dispositions antérieures. Du côté des Républicains, il ne s’agit que d’un très court répit puisqu’actuellement, une autre disposition de Trump est en train d’être démantelée.
Le 1er avril dernier, en effet, l’administration Biden a annoncé mettre fin d’ici le mois de mai à la législation « titre 42 » mise en place par Trump dans le cadre de la crise sanitaire, et contournant judicieusement la législation sur l’immigration. L’article 42 du Code américain accorde effectivement au gouvernement le « pouvoir d’interdire, en tout ou en partie, l’introduction de personnes et de biens » pour empêcher une maladie contagieuse de se propager dans le pays.

Aussi, l’ordonnance signée le 20 mars 2020 par Robert R. Redfield, alors directeur des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), précisait la nécessité d’expulsions pour contrôler la propagation du Covid-19 dans les installations frontalières ainsi que pour protéger les agents américains et préserver les ressources médicales.

De sorte que, depuis, les migrants ne peuvent pas solliciter une demande d’asile et sont automatiquement refoulés. Prévue pour être temporaire (elle ne devait durer que trente jours), la mesure s’est éternisée et, en deux ans, a conduit à l’expulsion systématique de deux millions de personnes.

La révocation de la mesure 42 fait craindre aux Républicains un raz-de-marée de clandestins sans précédents, venus d’Amérique centrale et d’Haïti. À ce sujet, Stephen Miller, l’ancien conseiller politique de Donald Trump ayant travaillé sur le dossier, a réagi sur Twitter : « cela ouvrira les vannes de l’immigration à une échelle biblique. » Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a, lui, annoncé qu’il enverrait les bus de migrants, entrant dans son Etat, directement à Washington DC.

Si le gouvernement Biden se défend en annonçant le déploiement de centaines d’agents supplémentaires à la frontière mexicaine, le sujet sera décisif pour les élections de mi-mandat.

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