Indépendance énergétique : peut-on compter sur la production de pétrole et de gaz français ?

( La réponse est « non ». Merci, Monsieur Hulot !!! Artofus.)

Par Baptiste RENAUT. LE FIGARO

13 avril 2022

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Un puits de pétrole en Île-de-France.
Un puits de pétrole en Île-de-France. Adobe Stock

FOCUS – La France dispose de ressources en hydrocarbures qu’elle exploite depuis l’après-guerre, mais elle reste très loin de pouvoir répondre elle-même à ses besoins énergétiques. Le cadre législatif empêche une plus grande exploration des sols.

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La guerre en Ukraine a mis en évidence la dépendance de la France aux importations d’hydrocarbures. Ensemble, le pétrole et le gaz naturel représentent un peu moins de la moitié du mix énergétique français. La France consomme ainsi pour environ 85.000 kilotonnes de pétrole et 450 térawatt-heures (TWh PCS) de gaz naturel chaque année. La part de cette consommation que le pays est en capacité de produire sur son propre territoire est très marginale. Pourtant, les ressources en hydrocarbures existent bel et bien dans le sol tricolore. Quel est l’état des ressources françaises en pétrole et en gaz? Peut-on envisager d’augmenter la production d’hydrocarbures sur le territoire national ? Le Figaro fait le point.

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Des ressources exploitées depuis l’après-guerre

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«Il y a des ressources sous nos pieds», affirme Olivier Appert, ingénieur des mines et membre de l’Académie des technologies. La France dispose en effet de ressources en pétrole et en gaz qu’elle exploite depuis la période de l’après-guerre. 11% du territoire et 2% de la ZEE française ont un potentiel pour l’exploitation d’hydrocarbures, affirme la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), l’organe du ministère de la Transition écologique chargé de la politique énergétique. Depuis les années 1950, l’État a accordé des titres d’exploitation à des sociétés pétrolières et gazières. Au total, près de 4000 forages ont été effectués sur le sol français pour l’exploration et l’exploitation de ces ressources. Aujourd’hui, 64 gisements de pétrole et de gaz sont encore en activité, exploités par cinq compagnies différentes.

Depuis leur commencement dans la période de l’après-guerre, ces activités liées aux hydrocarbures se concentrent principalement dans le bassin parisien et le bassin d’Aquitaine. L’Alsace et les départements du Nord et du Pas-de-Calais abritent aussi des exploitations, en moins grand nombre. Avec un chiffre d’affaires annuel estimé à 35 milliards d’euros, cette filière rassemble 64.000 emplois, selon la DGEC.

D’après les chiffres de la DGEC, les gisements français ont ainsi permis de produire 816,7 kilotonnes de pétrole brut en 2020, ce qui représente environ 1% de la consommation nationale. Du côté du gaz naturel, 0,20 TWh PCS est sorti des exploitations françaises la même année, ce qui équivaut à moins de 1% de la consommation de gaz en France. Avec ses ressources propres, le pays ne peut ainsi répondre qu’à la marge à ses besoins en pétrole et en gaz, expliquant sa très forte dépendance aux livraisons russes.

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Vers l’arrêt de l’exploitation des sols

Pourrait-on alors augmenter la production française ? Le ministère de la Transition écologique indique ne pas disposer d’estimation des ressources en pétrole et en gaz non-exploitées sur le territoire.

Les sous-sols de la France d’outre-mer, jusqu’ici inexploités, pourraient renfermer des ressources. De même, le forage offshore, qui ne se pratique pas en France, pourrait mener à la découverte de nouveaux gisements. «La France dispose de la deuxième plus large ZEE au monde, alors on peut avoir des chances de trouver», avance Stéphane His, ingénieur-économiste et spécialiste de la transition énergétique. En la matière, les opérations d’exploration manquent pour estimer l’étendue des ressources non-exploitées en France. «On est relativement aveugles car la géologie est une science inexacte. Si vous voulez savoir quelles sont les ressources, il faut forer», explique Stéphane His.

Or, la France a adopté en 2017 une loi mettant fin à l’exploration et à la production d’hydrocarbures, dite «loi Hulot». Ce texte prévoit l’interdiction de délivrer de nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures, avec pour objectif la lutte contre le changement climatique. Il n’y a donc plus de nouveau permis de recherche de pétrole et de gaz accordé en France depuis l’année 2017. «Il existe des ressources, mais s’est construit un consensus pour ne rien faire sur le sol français», avance Olivier Appert. «Pour des raisons environnementales, on n’ose plus se poser la question de savoir comment créer la résilience», déplore-t-il.

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