Emmanuel Macron et le syndrome de la coquille vide

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VALEURS ACTUELLES. 14 avril 2022
Sans suspense, la soirée de qualification au second tour d’Emmanuel Macron, ce dimanche 10 avril, a montré que les convictions de ses troupes, tout comme la profondeur de son programme étaient pour le moment quasiment insignifiants. L’ambiance n’était pas au rendez-vous. Il faut dire qu’entonner le slogan : « Et un, et deux et cinq ans de plus » n’a rien de galvanisant sauf pour le nouveau monde. À l’approche des résultats, militants et soutiens se sont agrégés dans la salle, devant une scène spacieuse. « Près de 1 500 militants sont attendus », soufflait-on dans l’organisation. En réalité, seulement 300 furent recensés. L’auditoire resta très clairsemé tout le reste de la soirée.  Au moins, la révélation des résultats et l’arrivée retardée du président-candidat provoquèrent la ferveur du public, dans une soirée terne. En effet, douze minutes et trente-deux secondes après les premiers mots du chef de l’État, le final était expédié sans Marseillaise, et sans réelle rencontre avec les militants. Le président sortant s’est contenté de déambuler rapidement devant la scène avant de s’éclipser. Le public, taciturne, a fait de même.Dans son allocution, Emmanuel Macron n’a pas glissé de nouvelles annonces concrètes. « Vous pouvez compter sur moi pour mettre en œuvre ce projet de progrès, d’ouverture, et d’indépendance française et européenne que nous avons défendu au long de cette campagne », lança-t-il.Avant de faire usage de sa novlangue macronienne, savant mélange de vacuité argumentaire et de séduction à l’égard d’électeurs orphelins : « Je suis prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler les convictions, afin de faire une action commune. C’est notre devoir. » S’ensuivirent des déclarations sur l’importance de l’Union européenne. « Notre combat est décisif pour notre pays et pour l’Europe […]. Je veux une France qui s’inscrit dans une Europe forte », dit-il, avant de fustiger « les xénophobes et les populistes » auxquels il répondit, déterminé : « Le seul projet de la France et de l’Europe, c’est le nôtre ! », tandis que les drapeaux européens s’agitaient. Cette soirée de résultats du premier tour fut bien différente de celle de 2017. Emmanuel Macron avait fêté sa qualification à La Rotonde, une brasserie parisienne huppée, entouré de célébrités. Les temps changent. La coquille vide, non. 

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