Si l’on comprend bien Emmanuel Macron, les Françaises et les Français menacent la France !

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[Satire à vue ]

Jany Leroy 19 avril 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

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Dans un décor tristounet, Emmanuel Macron reçoit un journaliste de « Quotidien » (18/4/2022). Décontracté, la tête appuyée sur sa main droite… Que lui veut-on encore ? À quelques jours d’une réélection triomphale, les téléspectateurs de l’émission souhaitent peut-être comprendre le choix des couleurs de ce recoin de pièce austère. Un mélange de beige et de marron-taupe façon déprime. Au terme d’une campagne minimaliste, l’une des toutes dernières apparitions se doit d’être conforme à l’absence d’étincelles de l’ensemble. L’électeur sera sensible au message subliminal : le programme est sur les murs. Rien en haut, neutre en bas.

Le rideau tiré sur le côté peut laisser à penser que le Président se tient dans une cabine d’essayage. Le costume lui va bien. Le même que l’autre qui a tenu cinq ans. C’est du solide. Oui, il va le garder. Eh bien, voilà !

Avant que son client ne quitte le magasin pour reprendre le chemin de l’Élysée, le vendeur-journaliste ose la question qui peut faire capoter la vente : « Si Marine Le Pen est élue le 24, c’est une option à prendre en compte, ce sera la faute de qui ? » Le presque élu manque tomber de son fauteuil. « Ben, des Françaises et des Français. » Ah ah. Pas des Allemands ou des Anglais. Quel plaisantin, celui-là ! « Vous me faites rire, c’est la démocratie », ajoute-t-il. Il ne semble pas venir à l’esprit du nouveau costumé qu’il porterait une quelconque responsabilité dans l’expression d’un mécontentement général de son action. Le votant n’est pas à l’abri d’un égarement dans l’isoloir et patatras, peste et choléra. L’autre message subliminal de l’entretien est l’hypothèse Marine Le Pen envisagée exclusivement sous l’angle de la catastrophe naturelle. Partant de ce postulat, le téléspectateur est habilement placé, non pas devant un choix, mais une menace. Macron ou l’enfer.

Et ne devrait-il pas se livrer à une autocritique si ce terrible scénario venait à survenir ? Pétrifié par cette funeste éventualité, l’envoyé spécial de « Quotidien » tient à culpabiliser son interlocuteur devant sa propre faute en cas de défaite du camp du bien. « Je ne suis jamais dans la politique-fiction, moi je me bats pour y arriver et pour gagner », rétorque Emmanuel Macron. En atteste ce programme mural dénué de propositions hasardeuses. Le jeune reporter ne lâche pas l’affaire : « Vous ne vous dites jamais, j’ai participé à banaliser l’extrême droite en France. » Loin de remettre en cause l’action de son bon Président, la bien-pensance télévisuelle s’inquiète de la solidité du rempart qu’il représente contre l’avènement de forces d’opposition. A-t-il bien tout bétonné ? Derrière le barrage, il y a toute la rédaction de « Quotidien », qui pourrait être emporté par les eaux bouillonnantes du RN. « Ouais, alors ça, allez plutôt chercher chez des gens qui ont expliqué durant des mois et des mois, les théories du Grand Remplacement et tout le toutim. » Si les partis concurrents s’étaient gardés de décrire la réalité, nous n’en serions pas là. Pour une fois, convenons avec Emmanuel Macron que sur le plan de la compétition, la présence de joueurs motivés dans l’équipe adverse vient trop souvent perturber le bon déroulement des matchs.

Du côté d’Amiens, le père de la victime, Jean-Michel Macron, entrouvre sa porte aux journalistes de L’Est républicain et confirme l’ingratitude des Français. Une bande de malotrus qui ne comprend rien au parcours admirable de son fils. L’homme redoute une victoire toujours possible de Marine le Pen le 24 avril prochain. Dans ce cas, l’émission « Quotidien » lui offrira un poste de chroniqueur. À défaut du fils parti rejoindre le maquis…

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