À quoi sert l’argent européen ? À installer des immigrés clandestins dans la campagne catalane !

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Nicolas Gauthier 22 avril 2022I BOULEVARD VOLTAIRE

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On avait cru comprendre que l’Europe était au bord du gouffre, entre explosion du coût de la vie, submersion migratoire et menace de pénurie – guerre ukrainienne oblige. Il est à croire que non, à en juger du projet Avenir, doté de 700.000 euros versés par le Fonds européen de développement régional. But de la manœuvre ? Repeupler les Pyrénées catalanes, au sud de la frontière française, dans la bourgade de Tremp, pour ne citer que ce seul exemple.

Et le site Slate de s’esbaudir sur le destin enchanté d’une dizaine d’immigrés clandestinsvenus du Maroc, gratuitement hébergés, formés et suivis par « une équipe de sept professionnels qui les aident dans leurs tâches quotidiennes ». Le tout sans évidemment bourse délier. Pour Mireia Badia, directrice du personnel d’Avenir, « l’objectif est de faire en sorte qu’ils puissent trouver un emploi, mais avec un travail préalable d’accompagnement à l’émancipation ».

Fort bien, même si l’on avait cru comprendre que nombre d’Espagnols de moins fraîche souche se trouvaient déjà au chômage et que les autres n’étaient pas toujours fatigués d’être milliardaires. Et Mireia Badia de poursuivre : « Leur priorité est de trouver du travail, d’avoir des papiers en règle et d’économiser afin d’aider leur famille au Maroc. » Fort bien, une fois de plus. Mais ne serait-il pas plus opportun d’inverser les priorités ? De les renvoyer tout d’abord au Maroc afin qu’ils puissent aider, sur place, leurs familles respectives, puisqu’à en croire les gazettes, le Maroc n’est pas encore en proie à la guerre civile et à la disette…

Le but plus ou moins avoué de ce joli conte de fées ? Repeupler les campagnes catalanes, tout comme naguère Alain Juppé entendait « importer » des millions d’immigrés en Europe afin de mieux participer au financement de nos retraites ; tout comme d’autres, dans les restaurants de nos grandes villes, exigent toujours plus de domestiques pour faire la plonge et livrer des pizzas à domicile, à toute heure de la nuit. Là, rien à voir avec un éventuel « Grand Remplacement », mais juste des déplacements de populations, au gré des besoins de peuples vieillissants, si fatigués qu’ils rechignent à faire vivre leurs propres campagnes et à accomplir les tâches les plus humbles ; mais pas les moins inutiles : entre un éboueur et un inspecteur des impôts, on devine vite qui est indispensable à la bonne marche de la sociétéet qui ne l’est pas.

En ce sens, le nouvel humanisme prôné par les autorités européennes n’est jamais qu’un esclavagisme de substitution, repeint aux couleurs de la diversité bienveillante. Car si l’on ne saurait en vouloir à de pauvres hères de venir chercher un avenir meilleur – ce qui demeure à démontrer – en nos contrées, que dire de ces négriers new look, oscillant entre bonne conscience et intérêts mercantiles ?

La chose est d’autant plus obscène que ces derniers estiment que la loi demeure l’ultime obstacle à la conception qu’ils se font d’un État de droit, étrange paradoxe. Slate : « Les responsables du projet évoquent un combat de tous les instants contre la bureaucratie. » Car à ces immigrés clandestins, il faut bien des papiers en règle, ce à quoi l’administration espagnole rechigne souvent. Dans le même temps, l’un des éducateurs en charge de ce projet dénonce : « Ils sont stigmatisés et se sentent un peu rejetés, victime d’une sorte de racisme ordinaire. » Un peu comme un Catalan qui se serait égaré au Maroc, somme toute… Pareillement, les mêmes se lamentent sur d’autres pesanteurs administratives, tel ce financement européen dont la source pourrait bien se tarir : « Le budget va nous manquer », pronostique Mireia Badia.

L’Europe est décidément mauvaise fille… Mais laissons plutôt le mot de la fin à l’un de ces néo-ruraux marocains, travaillant dans une déchèterie de la région : « J’ai l’intention de rester ici pendant environ cinq ans. » Que Dieu l’entende : le plus tôt sera probablement le mieux, pour le bonheur des uns comme celui des autres.

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