Combattre l’islamisme d’atmosphère 

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À quand un front républicain contre l’islamisme?

Mohamed Louizi 

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26 avril 2022

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Combattre l’islamisme d’atmosphère
Mohamed Louizi © D.R.

Emmanuel Macron n’a pas su lutter contre l’islamisme. Au lieu d’imposer des mesures radicales pour stopper cette idéologie djihadiste qui gangrène notre société, le « en même temps » présidentiel l’a laissé prospérer.


Depuis les attentats islamistes de mars 2012, commis par Mohammed Merah, l’opinion publique française cherche, avec civisme et retenue, à comprendre les ressorts de la violence islamiste, à trouver les mots justes pour nommer le mal et le combattre, par les seuls moyens dont dispose notre démocratie éprouvée.

Bilan d’une décennie fatale

En dix ans, au rythme des attaques au couteau, des véhicules-béliers et des tirs à la kalachnikov au cri d’« Allahou akbar », on a lu toutes sortes d’analyses – thèse fumeuse du « loup solitaire », psychiatrisation de prétendus « déséquilibrés » –, pour converger difficilement vers la thèse plus réaliste du « djihadisme d’atmosphère », avancée par Gilles Kepel. Toutefois, ces délires islamo-gauchistes ont la peau dure, refusant par idéologie ou clientélisme de constater la « radicalisation de l’islam » dans bien des territoires – Roubaix, Tourcoing, Grenoble, Trappes, Stains, Denain, Liévin, Lille, Nice, Décines, Mulhouse, Dijon, Béziers, Lunel, Besançon, Bordeaux, Valence, Lyon, Le Havre, Saint-Denis, Maubeuge et j’en passe.

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À la veille de l’élection présidentielle, le thème de l’islam (refoulé par l’invasion de l’Ukraine) s’impose avec force. Et pas seulement parce que des candidats de droite, en particulier Éric Zemmour, en parlent ouvertement. Si les citoyens français n’opposent pas encore la violence à la violence malgré les attaques, les provocations et les intimidations, ils n’en sont pas moins inquiets de ce que pourrait être le visage culturel de la France de demain. Ils le font savoir. Il faut agir avant qu’il soit trop tard. Il suffirait d’un Bataclan à l’envers, d’un Christchurch quelque part dans l’Hexagone, pour que tout bascule. Le risque de la guerre civile, déjà en gestation pour autrui sur le sol français, est à prendre très au sérieux. D’autant que cet « autrui » est désormais connu, identifié et nommé.

Fresque de l’artiste de rue Christian Guémy, alis C215, en hommage aux victimes de Charlie Hebdo, Paris, 6 janvier 2022 © Thomas COEX/AFP

Les candidats aux prochaines élections (présidentielle et législatives) doivent prendre l’engagement de terrasser ce mal à la racine. Il ne s’agit pas seulement de surveiller et contrer le « djihadisme d’atmosphère » mais, plus globalement, de s’attaquer à sa matrice nourricière et son réseau associatif : l’islamisme d’atmosphère. On ne peut que regretter le temps perdu durant les deux mandatures précédentes. Il a fallu attendre le 25 avril 2019, presque à mi- mandat, pour que le président de la République s’exprime, enfin, sur la laïcité. Ce jour-là, Emmanuel Macron a promis d’être « intraitable » face à « l’islam politique qui veut faire sécession avec notre République ». Le président a trouvé des mots justes pour réaffirmer son plein attachement à la loi de 1905. Le ton grave, il a, enfin, nommé l’islam politique et pointé du doigt le communautarisme qu’il engendre et la sécession qu’il risque d’entraîner.

Cependant, « en même temps » et malgré les alertes, son parti, à l’approche des municipales de 2020, s’est laissé infiltrer par de jeunes islamistes redoutables qui ont fait perdre le Nord au Parti socialiste, notamment dans le Denaisis et dans le Valenciennois. Le 29 mai 2019, son ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a rompu le jeûne du mois de ramadan, dans le fief d’un frère musulman établi à Strasbourg, en terre concordataire. Pis, Emmanuel Macron lui-même et son Premier ministre, Édouard Philippe, étaient bel et bien annoncés en ouverture et en clôture de la Conférence internationale de Paris pour la paix et la solidarité, qui s’est tenue au palais Brongniart le 17 septembre 2019. Cette conférence était organisée par la LIM (Ligue islamique mondiale) un puissant outil islamiste prosélyte, créé en 1962, avec l’appui de l’Arabie saoudite, par une coalition fréro-salafiste transnationale à laquelle appartenait un certain Saïd Ramadan, gendre d’Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans, et père des sulfureux Hani et Tariq Ramadan.

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Au cours de l’année 2020 (marquée par le début des restrictions démesurées des libertés individuelles pour cause de Covid), les services de renseignement ont pu, fort heureusement, neutraliser et déjouer plusieurs attentats terroristes mais le bilan reste lourd à Villejuif, Romans-sur-Isère, Colombes, Conflans-Sainte-Honorine ainsi qu’à la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption de Nice. En 2021, l’attentat au commissariat de Rambouillet a de nouveau posé la question de la relation entre l’immigration maghrébine et/ou subsaharienne et l’islamisme qui tue. « Le risque zéro n’existe pas. » On connaît la chanson.

Le bilan du quinquennat d’Emmanuel Macron est donc en dessous des attentes alors que la situation exige des mesures radicales pour déraciner, à court terme, l’idéologie islamiste du terreau français. Certes, il y a eu le discours présidentiel du 2 octobre 2020, aux Mureaux, sur le thème de la lutte « contre les séparatismes », ainsi que celui du 21 octobre 2020, prononcé à la Sorbonne lors de l’hommage national à Samuel Paty. Il y a eu son explication devant un journaliste de la chaîne qatarie Al-Jazeera, le 31 octobre 2020. On a mis en place une Charte des principes pour l’islam de France, fermé quelques mosquées dites « salafistes », dissous quelques associations, comme Baraka City et le CCIF, et expulsé quelques imams radicaux – mais pas tous. Dix mois après la décapitation du professeur Samuel Paty, on a voté et promulgué la « loi du 24 août 2021, confortant le respect des principes de la République ».

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Toutefois, l’exécutif macronien continue sur la voie pernicieuse du « en même temps », en mettant en place une nouvelle instance dite représentative de « l’islam de France »,

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