L’Office national des forêts victime… de l’insécurité

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Kevin Tanguy 5 mai 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

 

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Qui aurait cru, il y a encore quelques années, que les agents en charge de la forêt seraient en proie à l’incivilité et aux agressions. L’Office national des forêts (ONF) n’est pas une petite structure, elle est chargée de la gestion des forêts publiques qui reçoivent 80 millions de visiteurs par an sur une surface équivalente à 91.000 terrains de football.

Le Parisien a révélé que l’ONF recense une augmentation exponentielle des problèmes entre les promeneurs et les agents de la forêt. Le phénomène est tel que l’organisme d’Île-de-France a diligenté une enquête, fin mars, auprès de 230 forestiers franciliens pour y voir plus clair. Les chiffres parlent d’eux-même. « 88 % des 118 répondants déclarent avoir déjà été témoins ou victimes d’une altercation dans l’exercice de leurs fonctions, voire en dehors de leur cadre professionnel. » Dans le détail, 45 % des altercations sont des reproches verbaux, 22 % des insultes, 19 % relèvent de dégradation du matériel et 10 % sont des altercations physiques. Dans la réalité, ces chiffres se matérialisent par des insultes, des menaces, des dégradations et même du sabotage d’engins forestiers.

Si les résultats de cette étude sont édifiants, les témoignages le sont tout autant. « Alors qu’on venait de couper les arbres dangereux bordant une route, en forêt de Marly (Yvelines), on m’a appelé, un samedi matin, pour me demander… si mon suicide était prévu rapidement ! » confie un agent de l’ONF à nos confrères du Parisien. La coupe des arbres semble être un motif régulier d’invectives et d’agression. Ce même agent, déclare que « deux dames de 60-70 ans nous ont invectivés, nous accusant de massacrer la forêt pour faire du fric ». Face à ces accusations, l’ONF récuse : « On nous reproche de couper du bois pour faire plus de fric, reprend le responsable de l’exploitation. Mais ce n’est pas notre métier. […] Mais c’est impossible d’ouvrir le dialogue, une partie de la population est radicalisée et assène ses phrases toutes faites trouvées sur Internet. »

Si certains tentent d’expliquer cette radicalité par une prise de conscience écologique, la réalité est bien plus pécuniaire, surtout en Île-de-France. « Quand on coupe proche d’un lotissement, les gens sont aussitôt persuadés qu’on entame la valeur de leur appartement », explique l’agent de l’ONF au Parisien, qui fait régulièrement face à ces personnes. Le plus grave, c’est que cette animosité impacte les forestiers dans leur travail du quotidien. « Cette pression s’est accentuée il y a 2 ou 3 ans, plus encore depuis le Covid avec un nouveau public dans les forêts. Au point qu’après 17 heures, si on veut bosser sereinement, on n’y va plus en vert (tenue ONF) mais en civil », témoigne Hélène, qui travaille depuis vingt ans pour l’ONF.

Après les agressions de policiers, de pompiers et tant d’autres professions que les Français ont l’habitude de voir, c’est au tour des forestiers… Voila un nouvel indicateur de la hausse de l’insécurité en France.

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