FOG – Le spectre de la république de Weimar

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ÉDITO. Attention ! Le climat politique pré-législatives qui s’installe en France… n’est pas sans rappeler celui de l’Allemagne des années 1920-1930.

FOG - Le spectre de la republique de Weimar
FOG – Le spectre de la république de Weimar

Publié le 07/05/2022 LE POINT

La haine est en marche et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Certes, nous ne sommes pas en 1789 quand la populace, tenaillée par la faim, saccageait et pillait tout sur son passage. Sans oublier de tuer en place publique des puissants, comme le contrôleur des finances Foullon, pendu, la bouche bourrée de foin, avant qu’on ne lui coupe la tête et lui arrache le cœur, exhibés ensuite comme des trophées.

Il y a en ce printemps ensoleillé mais saturnien beaucoup d’électricité dans l’air, une violence verbale peu ordinaire, en particulier du côté des chefs à plumes de La France insoumise qui, comme Donald Trump en 2020, n’arrivent pas à admettre qu’ils ont perdu l’élection et, de ce fait, instruisent un procès en illégitimité contre le président élu. Quelqu’un ne pourrait-il se dévouer pour leur annoncer la mauvaise nouvelle ?

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Mais comment se faire entendre dans un concert d’injures de mufles et de braillards ? Jean-Luc Mélenchon traite François Hollande de « has been »François Ruffin déclare qu’Emmanuel Macron est le « bâtard de Hollande ». Quant à Alexis Corbière, il jette au journaliste Dimitri Pavlenko, avant de s’excuser : « Petites hyènes, retournez dans votre niche ! » Dans ces conditions, il est logique que LFI ait décidé d’investir aux législatives le charmant Taha Bouhafs, « journaliste des luttes » et insulteur professionnel, qui n’eut pas peur de sombrer dans l’abjection en appelant, en 2019, à la disparition de Charlie Hebdo et de ses « pouilleux ».

Autant de signes de la décomposition démocratique qui nous gagne et auxquels nos chers médias, gardiens mélenchonistes du camp du Bien, apportent leur écot. « Le poisson pourrit toujours par la tête », dit un vieux proverbe chinois, faussement attribué à Mao Zedong qui l’avait plagié. Force est de constater qu’une partie des « élites » de la France d’en haut, fascinée par la radicalité comme le lapin par les phares, commence à basculer dans l’extrémisme de gauche. Selon l’institut Elabe, chez les diplômés de moins de 35 ans, Mélenchon est arrivé largement en tête, avec 37 % des suffrages, 9 points de plus que Macron !

S’il tire les leçons de la présidentielle– on peut toujours rêver -, Macron en finira avec son électoralisme à la petite semaine et mettra en œuvre le redressement de la France qui s’est coupée en trois. Sinon, notre pays continuera de dégringoler. Économiquement, socialement, moralement. Pour se défendre contre les violences qui ne manqueront d’advenir dans les « quartiers », comme on dit, mais aussi dans la France oubliée des Gilets jaunes , il n’est même pas sûr que l’État puisse compter longtemps sur la police.

Les forces de l’ordre sont sans cesse harcelées par les antifas et les  black blocs , dont la débilité destructrice, encore à l’œuvre le 1er mai, bénéficie, à l’extrême gauche et au-delà, d’une complaisance insane. Et voici la police encore mise à l’épreuve après la décision de la justice traitant comme un grand criminel l’agent qui, à Paris, le soir du second tour, a tué deux des passagers d’un véhicule refusant d’obtempérer et fonçant sur ses collègues. Ce qui laisserait à penser que nos magistrats n’acceptent la légitime défense pour les policiers qu’une fois qu’ils sont… morts.

Le pire est-il à venir ? Alors que, dans l’Hexagone, le front républicain fonctionnait encore à peu près, les résultats de la présidentielle aux Antilles ont mis au jour la jonction entre les deux extrêmes : les électeurs de Mélenchon au premier tour ont voté massivement pour Le Pen au second ; d’où un score pour celle-ci de 69,7 % en Guadeloupe et de 60,8 % à la Martinique . Ce qui n’est pas sans rappeler, avec toutes les précautions d’usage, la république de Weimar (1919-1933), en Allemagne, quand nazis et communistes se faisaient la courte échelle, alors que l’inflation battait des records.

Le Rassemblement national n’est pas plus nazi que LFI n’est stalinien, n’en déplaise aux psittacistes. Mais il y a des passerelles entre les deux partis. « Combien de fois, en Allemagne, en 1932, écrivit la philosophe Simone Weil, un communiste et un nazi, discutant dans la rue, ont été frappés de vertige mental en constatant qu’ils étaient d’accord sur tous les points. »

Le déclin du Parti social-démocrate allemand coïncida avec  la chute de la république de Weimar au profit du nazisme, encore que le lien de cause à effet reste discuté. Si, chez nous,  les croque-morts qui sont à la tête du PS  ont voulu signer un accord électoral avec LFI, c’était sans doute pour finir le travail, c’est-à-dire l’autodissolution du parti, en bradant pour un plat de lentilles (une poignée de députés) ses valeurs, ses combats européens et plus d’un siècle d’Histoire. Alors que la guerre ravage à nouveau l’Ukraine et ses terres de sang, l’affreux XXe siècle va-t-il finir par tous nous rattraper ?

ILLUSTRATION : DUSAULT POUR « LE POINT »

 

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