[D’Orcival] Le projet européen d’Emmanuel Macron

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Une idée de François Mitterrand reprise par Emmanuel Macron. Pour associer l’Ukraine et une dizaine de pays d’Europe dans une plus vaste association. 

Par  François d’Orcival. VALEURS ACTUELLES

Publié le 12 mai 2022 à 17h44 

Le Président Emmanuel Macron s'addresse au parlement européen le 19 janvier 2022. ©RAPHAEL LAFARGUE-POOL/SIPA

Le Président Emmanuel Macron s’addresse au parlement européen le 19 janvier 2022. ©RAPHAEL LAFARGUE-POOL/SIPA

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S’il réussit, note Vladimir Fédorovski à propos du discours d’Emmanuel Macron à Strasbourg le 9 mai, il méritera le prix Nobel de la paix. Que veut dire l’ancien diplomate russe devenu écrivain à Paris ? Ceci : Macron s’est exprimé comme président de l’Union européenne qu’il est jusqu’au 1er juillet. C’est à ce titre qu’il a déclaré, lors de la conférence de presse au Parlement européen : « Nous aurons de main une paix à bâtir », en réunissant autour de la même table l’Ukraine et la Russie, tout en précisant que nous ne devons être « ni dans la négation, ni dans l’exclusion, ni même dans l’humiliation ».

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L’Ukraine et la Russie sont sur notre continent ; à quel titre, demande Macron, devrait-on en exclure l’une ou l’autre ? Il faudra bien, au terme de la guerre actuelle, qu’aient lieu des pourparlers. C’est toute la question de l’issue de sortie définie par Emmanuel Macron. Pour rapprocher de l’Union européenne une dizaine de pays du continent, dont l’Ukraine, certes capables d’y adhérer un jour, mais au terme d’une longue, très longue négociation. En attendant, il leur offre de rejoindre un « nouvel espace de coopération politique, de sécurité ».

Il a ici un auteur de référence : François Mitterrand ! Car c’est lui qui, après la chute du mur de Berlin, avait proposé une autre conception de la construction européenne en créant, à côté de ce que l’on appelait à l’époque la Communauté (devenue Union européenne), une « confédération européenne ». Il en avait posé les principes lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre 1989. Cette étape, disait-il, « restait à inventer », et c’était une idée qui lui était personnelle : « Je compte voir naître […] une confédération européenne au vrai sens du terme, qui associera tous les États de notre continent dans une organisation commune et permanente d’échanges, de paix et de sécurité. »

Il ne faut pas laisser les pays de l’Est seuls.

Le jeudi 15 février 1990, le chancelier Helmut Kohl vient dîner à l’Élysée (Jacques Attali, qui est alors le conseiller du chef de l’État, en fait le récit dans son Verbatim). « Aujourd’hui, il y a une réalité, lui dit Mitterrand, c’est la Communauté. Mais il faut renforcer ses structures. Et puis il faut une perspective qui reste à inventer. Il ne faut pas laisser les pays de l’Est seuls. » C’est alors que Mitterrand évoque une institution qui serait « plus lâche que la Communauté ».

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Cela a donné lieu à une négociation qui allait durer quinze ans, explique Hubert Védrine, qui était à l’époque le porte-parole avant de devenir le secrétaire général de la présidence. Mais cela n’a pas abouti. Les suites de la guerre actuelle peuvent-elles fournir l’occasion de reprendre cette idée ? C’est bien ce qu’Emmanuel Macron peut avoir en tête quand il propose à ses partenaires européens de retravailler cette initiative pour pouvoir accueillir non seulement l’Ukraine mais la dizaine d’autres partenaires européens non membres de l’Union dans une structure plus légère. « Ce n’est pas d’actualité immédiate, dit Hubert Védrine, ce sera une négociation au long cours, mais le débat va s’organiser. »

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Macron a fait cette proposition le “jour de l’Europe” à Strasbourg, avant d’aller à Berlin rencontrer le chancelier Olaf Scholz et se diriger avec lui vers la porte de Brandebourg, illuminée aux couleurs de l’Ukraine. À Moscou, on célébrait, en ce 75e jour de la guerre en Ukraine, le 77e anniversaire de la fin des hostilités avec l’Allemagne hitlérienne, l’occasion de faire défiler quelque 11 000 soldats…

Notre devoir est de tout faire pour qu’une guerre globale ne se répète pas. 

Les Occidentaux, qui attendaient du Kremlin une déclaration de guerre à l’Ukraine, assortie d’une menace d’emploi des armes nucléaires, n’ont eu droit qu’à une brève déclaration de Vladimir Poutine, dont on retiendra ceci : « Notre devoir est de tout faire pour qu’une guerre globale ne se répète pas. » Fallait-il l’entendre comme une mise en garde ou comme une ouverture à destination des Occidentaux ? La réponse, la fin de la guerre, peut exiger des mois, voire des années, dit notre ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

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