Quand Gérard Collomb n’en pouvait plus du « en même temps » macronien

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FRONT POPULAIRE 20 mai 2022

ARTICLE. Ministre de l’Intérieur entre mai 2017 et octobre 2018, Gérard Collomb est récemment revenu sur les raisons qui l’ont poussé à démissionner. Évoquant ses divergences avec Emmanuel Macron sur la politique d’immigration à adopter, il en a profité pour moquer le « en même temps » macronien.

Quand Gérard Collomb n’en pouvait plus du « en même temps » macronien

« Aujourd’hui, on vit côte à côte, je crains que demain on ne vive face à face. » Le 3 octobre 2018, sur le perron du ministère de la place Beauvau, juste avant de quitter son poste, Gérard Collomb avait tenu un discours qui avait fait mouche. Et les gros titres. Des propos qui pointaient du doigt le séparatisme islamiste qui s’aggravait dans différentes banlieues. L’ex-ministre de l’Intérieur est revenu sur les raisons qui l’ont poussé vers la sortie.

Les divergences sur la politique migratoire

Dans l’émission « Restons Zen » (anciennement intitulée « Zemmour et Naulleau » avant le départ du polémiste vers la politique) sur Paris Première le 18 mai, Gérard Collomb a rappelé ce pourquoi il avait été nommé place Beauvau : « On m’avait fait venir au ministère de l’Intérieur parce que j’avais une réputation dans ma ville (maire de Lyon de 2001 à 2017 et de 2018 à 2020, ndlr) d’assurer la sécurité et surtout d’être ferme sur ces questions (de sécurité, ndlr) ». Et de regretter le manque de soutien des autres membres du gouvernement et du chef de l’État : « Voyant que je n’étais pas totalement suivi (…) j’en ai tiré les conclusions ». Lors de la passation de pouvoir, la poignée de mains entre Édouard Philippe et Gérard Collomb avait été particulièrement glaciale. L’ancien Premier ministre avait encouragé Emmanuel Macron à se débarrasser de l’homme, jugé un peu trop gênant.

Par ailleurs, Gérard Collomb en a profité pour se moquer du « en même temps » macronien : « Le président de la République était souvent dans deux postures : il pouvait quelquefois voir les problèmes, sur l’islamisme avec son discours des Mureaux (en 2020, deux ans après le départ de Gérard Collomb, ndlr), puis « en même temps », lorsqu’un certain nombre d’amis du soir, qui étaient engagés d’un autre côté, venaient le voir, il avait d’autres positions ». Il ajoute : « Quand vous êtes ministre de l’Intérieur, être dans le « en même temps », c’est toujours compliqué. Ça se voit plus que dans d’autres ministères ».

Le « en même temps » à la moulinette

Dans une interview pour Le Point début mai, Gérard Collomb déplorait le rôle que s’est taillé Emmanuel Macron, qui voulait s’afficher en porte-drapeau de la résistance aux démocraties dites « illibérales », en Europe: « Le président voyait bien que ce problème (d’immigration, ndlr) se posait avec toujours plus d’acuité dans notre pays, mais, à l’échelle européenne, face au groupe de Visegrad rassemblant les États partisans du ‘pas d’immigration chez nous’ (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie), il voulait incarner le visage humaniste de l’Europe. C’est un équilibre difficile à trouver. » Pas mieux.

Premier des soutiens d’Emmanuel Macron en 2016, Gérard Collomb connaît mieux que la plupart le chef de l’État. Comme quoi, faire le procès du « en même temps » n’est pas un marqueur d’extrême droite.

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