[Ferrand] Pap Ndiaye ? Sauve qui peut !

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La nomination de Pap Ndiaye au ministère de l’Éducation nationale marque sans aucun doute un tournant dans l’histoire politique française. 

Par  Franck Ferrand. VALEURS ACTUELLES

Publié le 26 mai 2022

Pap Ndiaye, le nouveau ministre de l’Education nationale. Photo ©Christophe Ena/AP/SIPA

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Depuis une dizaine d’années, voyant s’immiscer au sein de nos “élites” une culture de l’effacement que d’aucuns trouvent pleine d’attraits, je me demandais combien de temps nos dirigeants tiendraient dans leur refus d’y souscrire. Les meilleurs jours, je me prenais à noter des signes encourageants dans les propos de tel ou tel ministre ; ainsi de l’engagement de Jean-Michel Blanquer contre l’écriture inclusive… Quelles qu’aient pu être les insuffisances du locataire sortant de l’hôtel de Rochechouart, personne n’aurait pu douter en effet de son aversion pour les dérives anglo-saxonnes de l’égalitarisme.

Voilà renversée la digue. Ce n’est pas, je crois, sacrifier au procès d’intention que de relever, dans les états de service du professeur Ndiaye, ci-devant patron du musée de l’Histoire de l’immigration, des signes alarmants d’ouverture auxdites dérives.

On a beaucoup répété, depuis vendredi, que le nouveau ministre – membre du conseil scientifique du Cran et soutien ponctuel d’Assa Traoré – a prétendu appliquer à la situation des Noirs en France une grille de lecture américaine, forgée dans un pays qui, du moins en partie, fut longtemps et tard esclavagiste ; qu’il a publiquement considéré qu’existait, au pays de l’abbé Grégoire, « un racisme structurel » et qu’il est allé jusqu’à participer à un colloque interdit aux Blancs. Du reste, ne dénie-t-il pas toute légitimité à la notion de “racisme antiblanc” ?

Racialisme et “décolonialisme”, multiculturalisme, néo-féminisme et militantisme LGBT avaient pu, ponctuellement, séduire à ce jour certains membres – parmi les plus exposés – de récents gouvernements ; aucun n’était allé jusqu’à revendiquer des positions ouvertement “woke” . Et – si l’on met de côté le cas équivoque de Christiane Taubira – jamais la “déconstruction” des valeurs occidentales n’avait encore, en France, été représentée de manière officielle au sein de l’exécutif.

Voilà qui est fait, de surcroît dans un bastion régalien des plus stratégiques au regard des idées invoquées : l’Éducation nationale ! Passé le choc d’une telle annonce, outre la colère qu’elle provoque chez tous les conservateurs – des plus acharnés aux plus pondérés – envers un président décidément féru d’extrême provocation, la question se pose de ses motivations.

Quelle raison a pu pousser le chef de l’État à faire ainsi volte-face quant à l’instruction publique, et à franchir le Rubicon de la culture d’annulation ? Les plus pragmatiques y verront une tactique de plus, visant à hypnotiser la gauche bien-pensante, tout en fragilisant à la marge les candidats de la droite modérée – la plus gênante pour la mouvance présidentielle. Les plus fatalistes y voient la volonté de payer tribut aux capitaux mondialistes qui, bien plus encore qu’avec le premier mandat, pourraient trouver dans le second un terrain d’élection.

Quoique ces deux versions tiennent la route, j’en privilégierais une troisième. Il me semble qu’aux yeux d’Emmanuel Macron, la nomination de Pap Ndiaye à la tête de l’armée enseignante procède de la tombée des masques, et qu’elle révèle au plus grand nombre ce que subodoraient, depuis longtemps déjà, les familiers du pouvoir : le président, par sa formation, par sa sensibilité – par sa génération aussi -, non seulement ne serait pas l’ennemi des idées fallacieuses venues – ou revenues – d’outre- Atlantique, mais il en serait en vérité le défenseur sans complexe. N’avait-il pas, dès l’origine, ironisé sur l’existence d’une culture française ?

Au-delà du calcul électoral et du jeu des rapports de force, le président de la République pourrait ainsi avoir agi, sinon par conviction – il semble que les principes ne jouent guère de rôle dans ses décisions -, du moins par sympathie pour ce que représente, fort noblement d’ailleurs, Pap Ndiaye. Personne, à ce stade, ne saurait l’affirmer absolument ; mais si ce devait être le cas, sauve qui peut !

Retrouvez Franck Ferrand raconte sur Radio Classique, du lundi au vendredi, à 9 heures.

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