À l’Éducation nationale : un changement ? Que nenni, une révolution !

Marie-Hélène Verdier 30 mai 2022. BOULEVARD VOLTAIRE

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On avait imaginé à la tête du ministère de l’Éducation nationale, clé de voûte de l’État français, un ministre aux idées claires : l’école, non pas lieu de vie accueillant la diversité, mais lieu de transmission des savoirs. La langue française ? Première servie !

La nomination de Pap Ndiaye n’est pas une provocation. Elle est dans la ligne progressiste que Macron impose à la France, à marche forcée, depuis cinq ans. Et quel meilleur ambassadeur que ce chercheur, paré de toutes les vertus, pour mener à bien un projet diversitaire, à la Trudeau, au sein même du sanctuaire de l’école ? Beaucoup d’enseignants se sont réjouis de cette nomination. Sauf que, dans un climat wokiste généralisé, et compte tenu du passé universitaire du ministre, comment imaginer que la pensée décoloniale n’entrerait pas à l’école, via les programmes d’Histoire revisités par les soins de Boucheron et Blanchard ? Si l’esclavage n’est pas, à la différence des États-Unis, l’acte fondateur de la France, la France ne se cacherait-elle pas derrière son universalisme pour échapper à ses crimes ? Il était donc grand temps d’apurer les comptes d’une mémoire française coupable. « Notre francophonie trop institutionnelle est à réinventer pour cesser d’être un espace fatigué et devenir un lieu de reconquête », avait dit Macron au sommet de la francophonie, le 12 octobre 2018. L’avenir de l’Europe n’est-elle pas le métissage ?

La nomination de ce ministre est-elle un virage à 180 degrés, comme on le dit ? Pas vraiment, mais un passage à la vitesse supérieure. Car même si on crédite Jean-Michel Blanquer de son refus de l’écriture inclusive — la moindre des choses ! —, il fut frileux à l’égard du pédagogisme mortifère de la rue de Grenelle et pratiqua l’art de l’esquive dans le domaine de la laïcité, comme on le voit lors de « L’Émission politique », en 2018. Quant à la « circulaire Blanquer » d’octobre 2021, sur la prise en compte, dans le milieu scolaire, des questions d’identité de genre, ne témoigne-t-elle pas de l’appétit de déconstruction du gouvernementmacronien ? Jean-Michel Blanquer ne faisait que freiner un mouvement progressiste : il était temps d’accélérer. Et de passer en force comme le fit Christiane Taubira.

L’état de l’école est alarmant.

Violences, pédagogisme mortifère, les associations woke, LGBT, antiracistes ont fait leur apparition au sein même de l’école. Que dire, surtout, de l’état de notre langue, ciment de l’unité nationale ? Avec l’orthographe, c’est le disque dur de la grammaire qui est touché. Les témoignages de tous les professeurs sont accablants. Reprenant la phrase célèbre de Saint-Just, Jean-Michel Blanquer a mis en avant, lors de la passation de pouvoir, « l’idée de bonheur » qui devrait présider aux destinées de l’école, avec la liberté, l’égalité, la fraternité.

La mésaventure arrivée à Adélaïde, discriminée à l’embauche à l’Opéra de Paris pour opinion politique, montre que le wokisme n’est pas, quoi qu’en dise le ministre, un épouvantail mais une réalité. Il faut être aveugle pour ne pas voir que la mainmise par le wokisme sur notre langue est un acte révolutionnaire.

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