Mathieu Bock-Côté: «Stade de France, la destruction de la vérité»

CHRONIQUE – 10 juin 2022. LE FIGARO

Le régime diversitaire ment en occultant les événements qui le contredisent, mais aussi, en les présentant de telle manière qu’il en inverse le sens.

L’absence de la question de la délinquance dans le débat public a caractérisé la dernière élection présidentielle.

L’insécurité n’était plus un phénomène politique, mais se réduisait à une série de faits divers qu’il ne valait pas la peine de placer au cœur du récit médiatique : cette reconstruction du débat public avait pour vocation d’écarter une question censée «faire le jeu» des «populistes» et autres courants politiques peu recommandables.

Mais la censure du réel n’est jamais durable, et toujours il resurgit, souvent de manière aussi brutale qu’on l’avait nié, comme on l’a vu au Stade de France, où des groupes de voyous de cités et de banlieues se sont jetés sur les spectateurs, pour les agresser, les détrousser, les rapiner, et cela, au visage de la France entière. Il s’agit de razzias, à travers lesquelles des bandes violentes se livrent au pillage de supporters. Ces voyous conquérants ont souvent pour cri de guerre « nique la France » et cherchent instinctivement à la soumettre, en exerçant sur son territoire une nouvelle souveraineté.

Ce retour brutal du réel n’a pas empêché le pouvoir de s’entêter dans le déni, et plus exactement, de passer du déni au mensonge, en affirmant dans un premier temps que les violences étaient le fait de supporters britanniques et d’un simple problème de faux billets, et d’accuser ensuite ceux qui rectifiaient les faits de tenir des propos très nauséabonds. Plus le récit du vivre-ensemble diversitaire se fracture dans la réalité, plus il doit se maintenir de force, en condamnant à la vindicte publique ceux qui osent rappeler que la réalité existe. Le commun des mortels, qui a pourtant vu ce qu’il a vu, se demande dès lors, avec un mélange de perplexité et de colère, à quel rythme on lui ment aussi ouvertement, et aussi effrontément.

Mais ce mensonge a atteint un stade supérieur lorsqu’on a appris avant-hier, à la stupéfaction générale,que les images de vidéo surveillance des agressions, et particulièrement les images les plus violentes, avaient été détruites, apparemment parce qu’elles n’avaient pas été réclamées – ce qui en plus, est faux, car le Sénat, a-t-on appris, avait demandé aux autorités de réquisitionner ces images.

L’explication officielle est donc celle de l’incompétence.

Elle convainc plus ou moins le commun des mortels qui se demande désormais si on lui ment encore, avec un sans-gêne époustouflant. Il ne peut s’empêcher de se demander si ces images n’ont pas été consciemment détruites. Et d’une explication technique de cette destruction d’images, on bascule vers une explication fondamentale: ce qui se dévoile ici, encore une fois, est non seulement la capacité du régime diversitaire à ne pas voir ce qui arrive mais même à empêcher que le commun des mortels ne puisse le voir.

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