Marine Le Pen, leçons et devoirs d’une large victoire

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Marc Baudriller 20 juin 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

 

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« Surmontant l’obstacle d’un mode de scrutin particulièrement injuste et inadapté aux valeurs de notre temps, [le peuple français] a décidé d’envoyer un très puissant groupe parlementaire de députés Rassemblement national à l’Assemblée, qui devient ainsi un peu plus nationale. » Marine Le Pen peut triompher devant les militants à l’issue de ce marathon électoral. La leader politique la plus critiquée, méprisée, honnie, trahie, jusque dans son propre camp, du champ politique français emporte un succès colossal, l’un des plus beaux exploits de l’histoire des patriotes dans la vie politique française. Elle décuple son groupe à l’Assemblée, s’offre la bannière du premier parti d’opposition, pulvérise le record de 35 députés emmenés par son père au palais Bourbon, en 1986, et entre à l’Assemblée nationale après avoir une nouvelle fois franchi le cap du premier tour des élections présidentielles. À l’ampleur de la victoire, la fille de Jean-Marie Le Pen a ajouté les joies de la surprise (sauf pour les lecteurs de Boulevard Voltaire). On peut penser ce que l’on veut de Marine Le Pen, de ses choix, de ses positions, de sa ligne politique, de son management interne au RN. Les patriotes lui doivent un coup de chapeau.

C’est la fin d’une exception électorale déroutante et démotivante pour les électeurs RN, habitués à ce que leurs élus pèsent très lourd en voix… parce qu’ils sont peu nombreux. Marine Le Pen parvient à surmonter le handicap du scrutin majoritaire pour en faire une arme. Après des années d’efforts, de succès, de moqueries, de sacrifices et d’échecs. Le plafond de verre s’est brisé en mille éclats. Il ne reviendra pas. La diabolisation déchaînée pratiquée depuis l’apparition du Front national, le père du RN, en 1972, voilà cinquante ans pile, vole en éclats. Rien ne sera plus comme avant pour Marine Le Pen mais aussi pour la droite française. Des millions de Français se sentiront représentés, espérons-le. Ils sont convaincus qu’une France grande et prospère est plus utile à ses ressortissants et au monde qu’une France humiliée, qui cache les affres de l’ensauvagement et de la régression civilisationnelle sous le tapis sale des donneurs de leçons. Ils savent que la droite n’est plus contrainte, pour exister, de courir derrière la gauche en demandant pardon. Marine Le Pen peut triompher. C’est un beau succès personnel et un succès d’équipe après une campagne très dure – une de plus. Une campagne où elle a été remise en cause comme jamais, elle-même, son management, son programme, sa ligne politique, sa stratégie de campagne.

La voilà désormais en position de réconcilier la droite. C’est sa responsabilité. Sans Éric Zemmour, qui s’est chargé de la peau d’âne du diabolisé et l’en a débarrassée, aurait-elle réussi l’exploit ? S’il n’avait que le mérite d’avoir fait rêver une grande part de la jeunesse de France, Éric Zemmour mériterait largement l’oubli des offenses. Il a fait mieux. Elle doit aussi se tourner vers ceux, parmi les LR, qui ont gardé l’amour du pays et ne veulent pas mourir sous l’édredon informe d’un parti présidentiel désastreux pour le pays. Encore un effort, le salut est peut-être à portée de main. Ce succès de la tortue Marine Le Pen montre que la fatalité n’a pas de sens pour ceux qui aiment la France.

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