Limite des sanctions économiques : McDonald’s quitte la Russie ? Le hamburger local triomphe !

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Nicolas Gauthier 24 juin 2022Economie International McDonald’s Russie

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Les sanctions économiques n’ont pas forcément que de mauvais effets pour les nations qui en sont les victimes. Prenez la Russie, par exemple, dont s’est retiré le géant McDonald’s depuis le début de la guerre en Ukraine, le 24 février 2022, non sans avoir revendu l’ensemble de ses restaurants à l’homme d’affaires Alexander Govor.

Les amateurs de sandwichs mous ne sont pas lésés et au moins mangent-ils russe à 100 %. Évidemment, le nom de l’enseigne a changé, puisque désormais intitulée « Vkousno i totchka », soit « Délicieux, point final » dans la langue de Molière. Mercredi dernier, c’était jour d’inauguration. Cent vingt mille hamburgers auraient été vendus en moins de vingt-quatre heures… Cité par Capital, deux jours plus tard, Oleg Paroev, ancien PDG de McDonald’s Russie et aujourd’hui directeur de cette nouvelle chaîne de fast-food, se réjouit : « Nous n’avons jamais vu un tel chiffre d’affaires quotidien depuis que McDonald’s est présent en Russie. »C’est-à-dire depuis 1990, quelques mois avant la chute de l’URSS, époque où le point de vente moscovite de la fameuse marque au clown était déjà le plus grand au monde.

Bref, si les Russes continuent de manger de plus en plus de hamburgers, c’est maintenant McDonald’s qui se fait de moins en moins d’argent. Comme quoi, si les embargos peuvent faire des malheureux, ce ne sont pas toujours ceux que l’on pourrait imaginer.

À en croire Les Échos du 29 août 2017, tel était déjà le cas en Russie, à l’époque des premières sanctions occidentales, quand l’Ukraine commençait à entrer dans une zone de turbulences : « Chacun le sait, la nature a horreur du vide et les producteurs russes se ne sont pas fait prier pour remplacer leurs concurrents étrangers mis hors course. Le ministre de l’Agriculture russe, Alexandre Tkatchev, affirme que les importations de produits étrangers ont été divisées par deux depuis 2014, permettant ainsi une augmentation de 11 % du secteur alimentaire en Russie. »

Mieux : « Producteurs de viandes, de produits laitiers et agriculteurs russes sont les premiers bénéficiaires de ces sanctions. La société Tcherkizovo, un des leaders russes dans le secteur de la viande et de la volaille, a vu ses parts de marché exploser, notamment sur le bœuf, qui est passé de 68 % à 82 %. Les producteurs de fromage ont augmenté leur production de plus de 20 % tandis que l’Union nationale des maraîchers annonce que la production de légumes a crû de l’ordre de 21 %. »

Si l’on résume, c’est l’arroseur arrosé. Hormis le fait qu’on puisse légitimement s’interroger sur le droit que s’arrogent certaines nations à en punir d’autres pour tel ou tel motif, on remarquera encore qu’il serait inconcevable de punir les punisseurs. Le bombardement de la Serbie en 1999 par les avions de l’OTAN ou l’invasion de l’Irak en 2003 par les USA, au plus strict mépris du droit international, n’auraient-ils pas, eux aussi, mérité quelques sanctions ? Poser la question, c’est évidemment y répondre.

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