Alain Finkielkraut, éternel défenseur du bon sens

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Arnaud Florac 28 juin 2022. BOULEVARD VOLTAIRE

 

Capture d’écran ©LCI

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Il faut écouter les philosophes, parfois. Invité le 26 juin sur Europe 1, le philosophe Alain Finkielkraut répondait à Mathieu Bock-Côté. Il y était notamment question de la montée du Rassemblement national. Après avoir écarté d’emblée les accusations idiotes sur le « retour de la bête immonde », il s’est plus longuement attardé sur les véritables angles morts du discours du RN, qui n’est évidemment pas – Finky en convient comme nous – un parti fasciste. Le « tropisme poutinien » du parti de Marine Le Pen, convoqué tout d’abord par le philosophe, peut se discuter. Le RN n’est pas à proprement parler un parti poutinolâtre.

Moins discutable est la rébellion contre les mesures sanitaires. Factuellement, Finkielkraut n’a pas tort, même si les conclusions qu’il en tire sont à l’opposé de celles de beaucoup d’entre nous. L’opposition à la dictature Pfizer-McKinsey l’inquiète ? Dans le camp national, ce serait plutôt l’inverse. Cela dit, en accusant le RN de jouer les libertés individuelles contre le prétendu « intérêt général », il désamorce au passage l’accusation de fascisme ou de totalitarisme que les imbéciles continuent d’accoler au parti des Le Pen.

La phrase suivante est presque émouvante. Le philosophe affirme que la raison pour laquelle les électeurs du RN ont une fois de plus choisi Marine Le Pen est « très estimable » : ils luttent, rappelle-t-il, contre une angoisse existentielle et pour un droit fondamental. Finkielkraut n’hésite pas à citer Ortega y Gasset ou Simone Weil à l’appui de ce droit : comme disent les jeunes, ça tire à balles réelles. Ortega y Gasset, grand penseur réactionnaire, intellectuel de haute volée ; Simone Weil, la chrétienne au cœur de feu, l’amie de Gustave Thibon : heureusement que France Inter n’écoute pas les gens qui pensent différemment, sinon les oreilles de la bande à Charline saigneraient abondamment. Ce droit – et la gorge de l’auditeur se noue presque -, c’est le droit à la continuité historique, aujourd’hui menacé.

Coup de grâce : ce droit à la continuité historique était, nous rappelle le philosophe décidément en forme, « l’obsession de Jean Daniel », celui que Desproges appelait « la pleureuse séfarade pro-palestinienne », fort peu suspect de fascisme lui aussi. Finkielkraut cite le dernier livre de Jean Daniel, dans lequel il s’opposait à Mitterrand sur le sujet de l’immigration galopante. Mitterrand répliquait, pour couper court : « Vous parlez comme Le Pen. » On en est encore là. Et le réel est fasciste. Après un petit tacle sur l’affligeant Pap Ndiaye, la conclusion d’Alain Finkielkraut est sans appel : « C’est une commodité absurde que de sortir le Rassemblement national du cercle républicain, d’autant plus qu’on sort avec lui la réalité qu’on ne veut pas voir, toutes ces mauvaises nouvelles idéologiques, en quelque sorte. Et ça, c’est très grave. »

Une commodité absurde, en effet. Comme le serait l’éviction du RN de la présidence de la commission des finances. Comme le serait le mépris sardonique des bourgeois de gauche à l’endroit des braves gens qui n’en peuvent plus. Comme le serait le discours médiatique sur la submersion migratoire heureuse. On arrête quand ?

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