«Discours de politique générale, vivement mercredi!»

Par Yves Thréard. LE FIGARO

1er juillet 2022

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Par Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction.

Lui que l’on connaissait volontiers disert se fait de plus en plus bref dans ses messages. Le macronisme serait-il devenu un laconisme? Bien malin celui qui peut en effet dire aujourd’hui ce que le président de la République a dans la tête. Après une campagne électorale expédiée à la va-vite, seules quelques interventions elliptiques ont suivi sa victoire. Et c’est à sa première ministre qu’il confie à présent le soin de nous en dire plus. Ce sera, en principe, mercredi si rien ne bouge d’ici là. Il y a cinq ans, Édouard Philippe n’avait pas eu cette chance, puisque Emmanuel Macron lui avait coupé l’herbe sous le pied en s’exprimant devant le Congrès, convoqué à Versailles, la veille de son discours de politique générale.

Les temps changent. Le chef de l’État serait-il moins sûr de lui?

Que va nous dévoiler Élisabeth Borne? Mystère et boule de gomme. Il y a pourtant urgence. Le pouvoir exécutif est tellement affairé à ses problèmes de majorité et de casting gouvernemental que les dossiers de fond semblent passer au second plan. Il est vrai que manque l’essentiel: la feuille de route et des ministres en capacité d’agir en conséquence.

Le feu couve à l’hôpital et la pandémie revient en force, sauf que Brigitte Bourguignon, battue aux législatives, n’est pas encore remplacée!

L’Éducation nationale se lézarde et aurait besoin d’un régime de choc, mais son ministre ne trouve rien de mieux que de faire de l’entrée de l’écologie dans les programmes une priorité!

Quant à Bruno Le Maire, on se demande combien de temps il va pouvoir faire du «quoi qu’il en coûte» sans l’avouer tout en tirant la sonnette d’alarme sur l’état déplorable des finances publiques ! On a coutume de dire que la rentrée sera chaude. Cette fois, la température monte dès avant les vacances. Dans les gares et les aéroports, l’heure est déjà à la grève.

Emmanuel Macron, qui se veut le maître des horloges, est rattrapé par le temps.

Formation d’un nouveau gouvernement, discours de politique générale, peut-être vote de confiance… La semaine à venir s’annonce certes décisive, mais le couple exécutif a sans doute plus à craindre des colères du pays que des humeurs de l’Assemblée.

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