Salah Abdeslam : cette peine « incompressible » est-elle vraiment suffisante ?

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Marc Eynaud 1 juillet 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

 

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Ce mercredi 29 avril à 21 h 30, Salah Abdeslam, complice des attentats du 13 novembre 2015, a été condamné à la perpétuité incompressible. « La version qu’il défendait, selon laquelle il avait, au dernier moment, refusé de se faire exploser aux abords d’un café parisien, n’a pas été retenue par la Justice » rapporte Geoffroy Antoine, envoyé spécial de Boulevard Voltairesur place. Avec lui, ont été condamnés les djihadistes Oussama Atar ainsi que les frères Jean-Michel et Fabien Clain, tous les trois présumés morts en Syrie.

Une peine exceptionnelle

Depuis Salah Abdeslam, ils ne sont que quatre à avoir subi un tel traitement : les deux tueurs en série Pierre Bodein, dit Pierrot le Fou, coupable notamment du viol et du meurtre de la petite Jeanne-Marie Kegelin, Michel Fourniret dit l’ogre des Ardennes. Ont également été condamnés à cette peine Nicolas Blondiau, reconnu coupable du viol et du meurtre d’une petite fille de 8 ans, et Yannick Luende Bothelo, coupable du viol et du meurtre d’une adolescente de 14 ans.

Une perpétuité pas garantie…

Dans les faits, la perpétuité n’est pas exactement incompressible. Instaurée en février 1994, elle prévoit en réalité une peine de trente ans sans possibilité de remise. Toutefois, à l’issue des trente ans d’incarcération, un tribunal de l’application des peines peut mettre fin à cette période. Emprisonné depuis 2015, Salah Abdeslam est théoriquement libérable en décembre 2045. Cela interroge, alors que dans une période de laxisme judiciaire et de paupérisation, pour ne pas dire de clochardisation de ce ministère régalien par excellence, les sondages démontrent qu’une majorité des Français est favorable au rétablissement de la peine de mort. Pour le philosophe Jean-Louis Harouel« cette peine suprême terrible légitimait les autres peines qui paraissaient douces par comparaison. En enlevant à la justice pénale sa clé de voûte, l’abolition de la peine de mort a délégitimé toutes les autres peines. Il en est résulté une dislocation du système des peines avec, en premier lieu, la suppression de fait de l’emprisonnement perpétuel. » En d’autres termes, si la peine la plus lourde que peut prononcer un tribunal en France n’est qu’une perpétuité relative, alors le laxisme s’empare insidieusement de l’institution et des mentalités.

D’ailleurs, Libération a fait remarquer que cette peine prononcée à l’encontre d’Abdeslam est lourde car elle le prive du « droit à l’espoir ». Une vision idéologique inaudible, car les dizaines de victimes des terroristes du Bataclan n’ont pas eu la moindre chance de s’en sortir. C’est l’inconvénient d’un tel plancher : trop dur pour ceux qui font un blocage idéologique sur le simple fait d’incarcérer quelqu’un mais toujours trop faible pour ceux dont les vies ont été prises et pour leurs proches qui seront marqués à jamais. « La décision qui sera prise par ceux qui représentent la loi n’a aucune importance pour moi. Je tiens à ne pas parler de ces gens-là et à faire comme s’ils n’existaient pas » nous expliquait Erick Pétard dont les deux filles sont mortes au Carillon sous les balles de la bande d’Abdeslam…

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