EXCLUSIF. Covid, secrets d’État. ENQUÊTE.

ENQUÊTE. Notes confidentielles, rapports inédits, échanges de mails… « Le Point » raconte les coulisses du pouvoir lors des semaines de 2020 où tout a basculé.

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Publié le 06/07/2022 LE POINT

Ce fut une agréable soirée, riante et heureuse, sous les nuances rouge et or du théâtre Antoine, la scène des Grands Boulevards où Sartre fit jouer Huis clos. Une sortie pour qu’« Emmanuel s’aère », selon les confidences de Brigitte Macron à un proche. Ce vendredi 6 mars 2020, la pièce ne l’éloigne pourtant pas vraiment de son quotidien : Par le bout du nez se déroule… dans son bureau reconstitué de l’Élysée. Le comique François-Xavier Demaison y campe un chef de l’État qui, empêché de prononcer ses discours à cause d’une gêne nasale, se résout à recevoir un psychiatre. Le théâtre Antoine est dirigé par un ami des Macron, Jean-Marc Dumontet, dont le nom a circulé comme ministre de la Culture d’Élisabeth Borne. Il se joint au dîner qui suit la représentation, où Emmanuel Macron donne le cap – droit sur la tempête. « Le président a précisé que, malgré le coronavirus, la vie continuait et qu’il ne fallait pas (sauf pour les populations fragiles) modifier les habitudes de sortie, en suivant les règles d’hygiène », relatera Dumontet, dès le lendemain, sur son compte Twitter

Pendant des mois, Le Point a enquêté, s’est plongé dans des centaines de documents exclusifs et de témoignages inédits. Auditions, perquisitions, mails, messages, notes confidentielles… révèlent une tout autre histoire que celle racontée au public, présentant la catastrophe comme une surprise impossible à prévoir et ayant pris de court le président à la mi-mars 2020. Par cette enquête, Le Point ne s’érige pas en juge, ni ne se substitue à la Cour de justice de la République qui, comme l’écrit le haut magistrat François Molins« n’a pas vocation à juger l’opportunité et l’efficacité de la politique gouvernementale, mais à rechercher des infractions pénales commises par des membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions ». Il ne s’agit pas non plus de céder à un populisme pénal, un « opportunisme judiciaire », selon les mots de l’avocat pénaliste Hervé Temime, qui consisterait à trouver absolument un coupable pour lui faire porter les maux d’une épidémie que personne n’a réussi à prédire. Cette longue enquête raconte comment l’État agit au cœur de la crise.

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À LIRE AUSSICovid, secrets d’État – Acte 1 : l’épidémie chinoise

Pas question de confiner. La vie continue. Il ne faut pas que l’activité économique s’arrête.Emmanuel Macron, le 6 mars 2020, dans les coulisses du Théâtre Antoine, à Paris.

Les tribunaux où pourraient comparaître, un jour, ministres et responsables sanitaires s’échinent à démêler cette chronologie si contradictoire. La France d’Emmanuel Macron a-t-elle failli dans sa gestion de l’épidémie ? Avions-nous, collectivement, la possibilité de limiter la catastrophe sanitaire, qui a causé la mort de plus de 140 000 personnes ? Le 6 mars 2020, la sortie du président de la République crée la polémique. Est-il prudent, alors que les données s’accumulent pour confirmer la pandémie du siècle, d’entretenir l’insouciance ? Au-delà des Alpes, l’Italie a déjà fermé ses écoles et ses universités. Emmanuel Macron, lui, s’obstine : « Pas question de confiner. La vie continue. Il ne faut pas que l’activité économique s’arrête », lâche-t-il ce soir-là, devant témoins. Et c’est peut-être là le début d’une histoire qui s’éloigne de la comédie pour revêtir les atours du drame. Dix jours durant, la France va perdre un temps précieux. Car si deux ans plus tard, le nombre de morts dus à l’épidémie est sensiblement le même dans les pays européens comparables, l’Hexagone va, en mars 2020, connaître une vague extrêmement violente, débordant et désorganisant les services de santé, obligeant les patients hospitalisés pour des maux autres que le Covid-19 à différer leurs soins sine die. Si l’on en croit l’histoire officielle, il faudra attendre la création d’un aréopage de savants destiné à «  éclairer la décision publique  ». Le 12 mars, ce conseil scientifique présente un scénario catastrophe à l’Élysée : selon des projections fournies par l’Institut Pasteur, sans intervenir, la France pourrait faire face à des centaines de milliers de morts. L’avertissement fait mouche. Le soir même, au cours de son adresse à la nation, le président lance un appel à « l’union sacrée », ferme les écoles et décide de maintenir les élections municipales. Trop peu, trop tard ? Cinq jours plus tard, le 17, la France est confinée.

À LIRE AUSSILa France placée sous cloche : « Nous sommes en guerre »Tout montre pourtant que, dès janvier, les alertes, de plus en plus fortes, pleuvent sur le sommet de l’État. Début mars, quand toutes les données et études savantes convergent, le sommet de l’État tergiverse et se déchire. Cette période, sur laquelle nul ne s’est jusque-là épanché, certains au cœur du pouvoir l’appellent, en chuchotant, « la semaine de la mort ». Le 5 mars, quand Emmanuel Macron réunit pour la première fois à l’Élysée les scientifiques, certains l’avertissent déjà de la vague qui va submerger immanquablement les hôpitaux. Trois jours plus tard, le 8 mars, les épidémiologistes français rendent une note confidentielle, laquelle annonce, en l’absence de « mesure efficace », jusqu’à 160 000 morts avant l’été. Un secret qui hante la nuit du Théâtre Antoine.

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