Le pétrole baisse, l’euro et les matières premières aussi… Elisabeth Borne a présenté des mesures qui sont déjà obsolètes

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Elisabeth Borne a proposé un certain nombre de mesures pour la sauvegarde du pouvoir d'achat lors de son discours de politique générale le mercredi 6 juillet.

©Ludovic MARIN / AFP

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Le pétrole baisse, l’euro et les matières premières aussi… Elisabeth Borne a présenté des mesures qui sont déjà obsolètes

Les marchés sont plus efficaces pour rétablir les grands équilibres que les promesses politiques. Avant même que la Première ministre présente un plan de lutte pour le pouvoir d’achat, le pétrole et les matières premières ont amorcé leur baisse.

Jean-Marc Sylvestre

La réalité des marchés se venge toujours des promesses politiques. Au moment même où la Première ministre présente des solutions pour amortir le choc de l’inflation sur le pouvoir dachat, à ce moment-là, les chiffres et les indicateurs commencent à décrire une décrue possible de l’inflation. Me Elisabeth Borne a donc présenté un projet de redressement qui ne sera probablement plus d’actualité dans deux mois.

L’euro est tombé hier au niveau du dollar, le pétrole s’est effondré sur les marchés internationaux.Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, a encore dégringolé de 9,05% à 103,23 dollars, alors qu’il avait déjà dévissé de près de 10%. Plus fort encore, le baril américain, pour livraison en août, chutait quant à lui de 8,48% à 99,24 dollars, glissant sous les 100 dollars le baril. Ajoutons à cela le retournement du prix des matières premiers, et notamment du blé comme de toutes les céréales. Tout cela signifie que dans moins d’un mois, ces retournements devraient se ressentir au niveau du consommateur. Tout cela signifie que la planète est traversée de mouvements parfois violents mais qui sont le plus souvent le résultat de la pression des marchés.

L’euro est tombé hier à 1 dollar 026 à son plus bas niveau depuis 20 ans. Mais cette évolution du change n’a pas que des inconvénients. Elle est logique. Pour la majorité des économistes ; la faute en revient à l’inflation et l’inflation en revient à la guerre.


Depuis février, la chute de la monnaie est réelle, sans discontinuer. On est passé de 1 dollar 12 à moins de 1 dollar 03 au plus bas depuis de décembre 2002. L’euro pourrait arriver à la parité avec le dollar assez rapidement avant la fin d’août.

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L’euro a aussi baissé face au franc suisse. Il ne gagne du terrain que face à la livre sterling ou au yen.

Mais tout cela s’explique. Dans une situation internationale un peu bousculée, le dollar joue son rôle de valeur refuge…Parce que la zone est très éloignée de la guerre en Ukraine, alors que l’Europe voisine de l’Ukraine est en risque. Par ailleurs, l’Amérique est moins touchée par la hausse des prix de l’énergie, parce qu’elle est autosuffisante. Surtout, la banque centrale américaine a démarré son cycle de hausse de taux. Or, quand les taux montent, la confiance dans la monnaie se renforce, et les investisseurs se frottent les mains. Comme la Fed devrait continuer d’être plus agressive que la BCE. Avec des taux plus élevés, elle attire aussi les capitaux, qui sont alors mieux rémunérés. Les marchés arbitrent, achètent du dollar et revendent de l’euro.

Reste que ce mécanisme est aussi porteur de risques de ralentissement économique, voire de récession. Et les craintes sont présentes des deux côtes de l’Atlantique.

Aux États-Unis, le PIB a déjà reculé de 1,5 % avec une économie qui paie là la conjugaison entre reprise de l’après covid, les mesures de relance de Joe Biden et la politique restrictive de la FED. Tout se passe comme si, dans une voiture, on avait conduit avec un pied sur le frein et un autre sur l’accélérateur. Le moteur s’essouffle, d’où le ralentissement.


L’Europe avait été plus résiliente mais la crise du gaz similaire à la crise du pétrole dans les années 70 pourrait l’entrainer plus vite et plus fort dans la récession. Les indicateurs d’activité qui montrent un fort ralentissement de la croissance en zone eur, surtout si on la compare à ce qui s’était passé au lendemain du covid ou l’activité avait explosé. On était moyen avant, on est reste moyen après. Pas d’exploit mais pas de catastrophe.

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L’euro est faible parce que l’économie est faible.

Ce qui est intéressant, c’est que le risque de récession lié à la guerre mais aussi à la gestion toxique du covid en Chine va, qu’on le veuille ou non, calmer les prix des produits énergétiques et des matières premières. Le mouvement a déjà commencé.

Le WTI américain a déjà glissé sous la barre symbolique des 100 dollars le baril, une première depuis près de deux mois. Le pétrole ayant franchi cet important « seuil psychologique », les analystes évoquent la possibilité d’une baisse des cours jusqu’à 85 dollars le baril. Les analystes de Citi attendent même des prix du pétrole à 65 dollars le baril d’ici à la fin de l’année, puis à 45 dollars en l’absence d’intervention de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Le même phénomène existe désormais sur beaucoup de matières premières qu’elles soient alimentaires ou pas. Le spectre de la récession mondiale a pris le pas sur les risques d’approvisionnement.  Le ralentissement de la demande est plus puissant que la pression exercée sur l’offre par les affres de la guerre.  D’où le retour au calme probable sur les prix.

A trop vouloir réguler lactivité économique, les gouvernances agissent à contre coup des marchés.Joe Biden, à son arrivée au pouvoir, a voulu relancer l’économie américaine alors qu’elle couvait déjà une mauvaise fièvre. Le résultat, c’est que la FED a durci sa position.

En France, à cause dune campagne politique un peu agitée, on sest polarisé sur des questions de pouvoir dachat grignoté par linflation. Très bien. Sauf que ce qu’on a pris pour une inflation généralisée n’était encore qu’une hausse de prix sur des produits très identifiés, particulièrement incontournables pour les revenus modestes. Les hausses de prix très ciblées appelaient des mesures ciblées. Pour des raisons politiques, sociales et techniques, le gouvernement a cédé à des remèdes généraux …Le marché opère les rééquilibrages, ce qu’il va faire. C’est sa fonction.

Mais le marché a besoin d’autre chose. Il a besoin de réformes en profondeur sur les structures pour éviter les terrains inflationnistes. Au niveau international, les guerres sont inflationnistes, les régimes autoritaires aussi. Mais au niveau national, l’ampleur des dépenses publiques de fonctionnement combinée à leur inefficacité sont autrement plus inflationnistes.  Il sera presque plus facile d’arrêter la guerre que de guérir l’obésité de l’administration française.

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