Footballeuses voilées ? Pour le maire de Grenoble Éric Piolle, c’est oui

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Footballeuses voilées ? Pour le maire de Grenoble Éric Piolle, c'est oui
Eric Piolle, le 11 septembre 2021, à la fête de l’Humanité à Paris.
AFP

Marketing islamique

Par Jean-Loup Adenor

Publié le 18/02/2022 MARIANNE

Dans une interview sur Europe 1, l’élu EELV de Grenoble s’est livré à une interprétation libre de la loi de 1905 pour justifier son soutien aux hijabeuses, ces femmes musulmanes qui réclament le droit de porter le voile pendant les compétitions sportives. Un revirement pour l’édile, qui s’est opposé au port de burkini dans les piscines publiques de Grenoble.

Le maire de Grenoble, Éric Piolle a clarifié sa position sur le port de signes religieux dans le sport, vendredi 18 février sur Europe 1. Interrogé sur les hijabeuses, ces femmes musulmanes qui se disent discriminées en raison de l’interdiction par les fédérations du port du voile islamique dans les compétitions sportives, Éric Piolle a estimé qu’elles avaient « le droit de porter des signes religieux ». Pour justifier sa position, il n’a pas hésité à tordre la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. « La loi de 1905 dit que vous avez le droit de porter des signes religieux dans la rue, partout », affirme-t-il sous le regard dubitatif de son interlocuteur. Et pour cause : la loi de 1905 ne se prononce pas sur ce point précis.

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En guise d’argument d’autorité, Éric Piolle a rappelé qu’« aux Jeux olympiques, les signes religieux sont autorisés » et a exhorté à s’en « tenir à la loi ». Le maire de Grenoble, qui n’a pas hésité à tacler la Fédération française de football qui, selon lui, « tord la loi » en interdisant le port de signes religieux, a martelé : « Aux Jeux olympiques de Paris, les sportives et les sportifs auront le droit de porter des signes religieux et auront le droit de s’habiller, je l’espère, comme ils le souhaitent. »

Feu vert aux footballeuses voilées, donc. Sur Europe 1, Éric Piolle a poussé sa réflexion jusqu’à comparer le voile aux mini-shorts des beach-volleyeuses, considérés comme sexistes. « Cette pression sur les corps doit se finir », a-t-il lancé, sans évoquer les différences fondamentales entre les deux vêtements : la prescription religieuse imposée aux joueuses musulmanes et le prosélytisme lors des compétitions sportives.

LE MÊME COLLECTIF DERRIÈRE LE BURKINI

Après Sandrine Rousseau ou Alice Coffin, c’est un soutien de plus pour les hijabeuses, qui mènent des actions à Paris pour faire abroger un amendement du Sénat consacrant dans le droit cette interdiction des signes religieux dans le sport. Mais un soutien surprenant, lorsqu’on considère que les hijabeuses sont structurées par un collectif qu’Éric Piolle connaît bien : Alliance Citoyenne. À Grenoble, cette même association mène des actions pro burkini, le maillot de bain islamique interdit dans les piscines publiques. Une question qui embarrasse et divise la majorité d’Éric Piolle ; le 20 janvier dernier, Chloé Le Bret, conseillère municipale déléguée à l’Égalité, a même démissionné de son mandat en raison de désaccords autour de ces « opérations burkini » menées dans les piscines de l’agglomération.

À LIRE AUSSI : À Grenoble, la municipalité d’Éric Piolle se fracture sur le front du burkini

Interrogé par Marianne, l’élu de la majorité Antoine Back s’était alors borné à indiquer que la « réflexion » avait « démarré en interne et n’a pour l’heure pas abouti ». Il avait également assuré qu’il ne s’agissait pas d’un problème de laïcité, mais « d’hygiène ». Faut-il voir, dans cette déclaration favorable au voile dans le sport, une amorce de changement de la ligne d’Éric Piolle sur les vêtements religieux ? Sur le burkini, l’édile avait tranché sur un ton très différent, en septembre 2020 dans une interview à l’Obs : « Le burkini, ça n’a rien à faire dans une piscine ! »

MARKETING ISLAMIQUE

« Dans ce débat, on n’envisage même plus de demander à des femmes musulmanes de retirer leur voile religieux pour pratiquer leur sport », analyse la chercheuse Florence Bergeaud Blackler, interrogée par Marianne. « Hier, c’était les piscines à Grenoble. Aujourd’hui, c’est le football au Sénat. C’est le même mode opératoire, la même communication qui relève du marketing islamique », poursuit-elle, décrivant ces actions comme une « stratégie de visibilisation » d’un islam conservateur.

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