Pour les douanes, la France est trop dépendante de la Chine 

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FRONT POPULAIRE. 14 juillet 2022

ARTICLE. Une étude de la direction générale des douanes l’affirme : la France dépendante des produits technologiques chinois. Les douanes s’inquiètent qu’une part croissante de nos importations provenant de ce pays soient « vulnérables à une rupture d’approvisionnement ».

Pour les douanes, la France est trop dépendante de la Chine

Enfonçons une porte ouverte : la France est significativement dépendante de la Chine. Mais jusqu’à quel point et à quel niveau de criticité ? La direction générale des douanes et droits indirects, rattachée au ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, a voulu chiffrer le phénomène. Verdict : la part des produits que le Département des statistiques et des études du commerce extérieur considère comme « vulnérables » dans le total de nos importations originaires de Chine a doublé entre 2000 et 2019.

Par produit « vulnérable », il faut comprendre que non seulement la France en importe plus de 50 % à un seul pays fournisseur (en l’occurrence la Chine), mais que celui-ci représente plus de 50 % des exportations mondiales de ce même produit. Un arrêt total ou partiel des exportations de ce produit par la Chine, plongerait donc la France en grande difficulté tant trouver une alternative serait compliquée. À titre d’exemple, prenons l’Allemagne : elle importait plus de 55 % de son gaz à la Russie, et la voilà plongée dans une crise énergétique d’envergure une fois Nord Stream 1 fermé. Et pourtant, la Russie ne représente que 20 % de la production mondiale de gaz naturel.

En 2000, la France importait pour 11,4 milliards d’euros de produits de Chine, dont seulement 1,7 appartenaient à cette catégorie de produits dits « vulnérables ». Il s’agissait alors de certains produits du textile, vêtements, cuir et chaussures, mais aussi de jouets. Dix-neuf ans plus tard, les importations ont presque quintuplé, pour atteindre une valeur totale de 54 milliards d’euros. Paradoxalement, la quantité de produits importés a augmenté de « seulement » 45,8%. La France de 2019 importe donc un peu plus qu’en 2000… mais elle le fait pour plus cher.

D’une dépendance de faible à haute technologie

Ce qui explique en partie ce phénomène pour la Douane française, c’est la nature même des produits vulnérables importés. Si leur nombre représentait seulement 65 en 2000, ils atteignent 194 en 2019. Mais surtout, d’une valeur totale de 1,7 milliards d’euros en 2000, ils cumulent jusqu’à 17,5 Md€ en 2015 et 16,2 Md€ en 2019. Les biens du textile, habillements, cuirs et chaussures représentent un quart des biens pour lesquels nos approvisionnements sont encore dépendants de la Chine et les produits « manufacturés divers », 15 %. Mais ils ne représentent désormais plus qu’une part minime de la valeur totale des produits vulnérables importés de Chine.

Le Département des statistiques et des études du commerce extérieur note que désormais, « l’essentiel de la valeur est constitué par les produits informatiques, électroniques et optiques ».La valeur totale des produits vulnérables appartenant à cette catégorie a bondi en l’espace de 19 ans, passant de 8 % à 55 % du total. Sans surprises, on y retrouve en tête deux produits devenus incontournables : les téléphones portables (+25 points), et les ordinateurs portables (+17 points).

Concernant le textile, la France continuera à importer massivement de Chine. « On ne va pas refaire des T-shirts en France, c’est pas l’objectif », expliquait d’ailleurs  le ministre de l’Économie Bruno Le Maire lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence dimanche 10 juillet. L’enjeu est ailleurs. « Ensemble, nous allons relever un défi : celui de construire la stratégie Électronique 2030 » a annoncé Emmanuel Macron, en déplacement à Crolles (Isère) le 12 juillet, dans l’entreprise STMicroelectronics. On aurait presque pu saluer l’initiative, s’il n’avait pas fallu attendre aussi longtemps que le secteur soit en crise et si ces propos ne venaient pas de l’un des promoteurs les plus assidus — bien qu’il ait trop tardivement évolué — de la « mondialisation heureuse ».

Auteur

La Rédaction

Publié le 14 juillet 2022

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