Derrière le récent traité franco-italien voulu par Macron, une incroyable soumission à l’Europe

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Marc Baudriller 9 août 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

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Le 20 juillet dernier, l’Assemblée nationale a enregistré un projet de rapport propre à susciter l’enthousiasme de tous les Français amoureux de l’Italie. Et Dieu sait s’ils sont nombreux ! Ledit rapport, établi « au nom de la Commission des affaires étrangères », se penche sur « le projet de loi autorisant la ratification du traité entre la République française et la République italienne pour une coopération bilatérale renforcée ». Il s’agit de ratifier, entre la République française et la République italienne, le traité du Quirinal, signé à Rome le 26 novembre 2021 après la rencontre de janvier 2018 entre Emmanuel Macron et le président du Conseil italien d’alors, Paolo Gentiloni (Parti démocrate). Le texte a été entériné par l’Italie. Restait la France.

Voilà deux États souverains, européens de vieille souche, proches par mille aspects, fruits d’une longue histoire qui les a frottés, confrontés ou jetés tour à tour dans les bras l’un de l’autre, libres de s’accorder avec qui bon leur semble, dans leur intérêt respectif et commun, dans le respect de leur longue Histoire et de leur culture. Un bonheur.

Du reste, notre rapporteuse souligne la proximité de ces deux grands pays : le volume des échanges entre eux (82 milliards d’euros en 2019), la Villa Médicis à Rome, ces 1,8 million de petits Italiens qui apprennent notre langue. Va bene! Sauf que nous évoluons sous le régime d’Emmanuel Macron II, pas très éloigné de ce que fut le non regretté régime d’Emmanuel Macron I. Donc, on se méfie quand même un peu lorsqu’on tombe sur le deuxième paragraphe de l’introduction : « La France et l’Italie […] contribuent à la construction d’un espace européen intégré », écrit la rapporteuse Éléonore Caroit (LREM). Ah ! Rien d’autre à souligner entre la France et l’Italie ?

Dès la page 9 du rapport, le vrai enjeu apparaît : « Le traité du Quirinal, rappelle le rapport, s’il est avant tout un traité de coopération bilatérale renforcée entre la France et l’Italie, s’inscrit cependant résolument dans une approche européenne. » Voilà, on comprend mieux, il suffisait de le dire. Adieu, vieilles nations ! On y est. Parlons Europe pour… l’imposer, comme d’habitude. « Une coopération renforcée entre la France et l’Italie favorise, réciproquement, par l’intégration plus forte des territoires et des sociétés civiles des deux pays, l’approfondissement du projet européen. » C’est bien l’enjeu. Un approfondissement du projet européen réclamé par des manifestations monstres en France et en Italie, vous l’aurez remarqué ! Car « les relations bilatérales représentent les fondations sur laquelle s’appuie la demeure commune qu’est l’Union européenne ». Il suffisait d’y penser ! Il s’agit donc donc bien d’un projet européen déguisé en accord bilatéral.

L’article 3 du traité du Quirinal précise notamment que les deux États « œuvrent ensemble pour une Europe démocratique, unie et souveraine et pour le développement de l’autonomie stratégique européenne ». Au cas où on n’aurait pas compris. Il vise également à mobiliser la France et l’Italie en faveur de la « transparence et la participation des citoyens au processus décisionnel européen » – tiens, un bon sujet, ça, « la participation des citoyens au processus décisionnel européen » : il faudra qu’on en parle. Le meilleur reste à venir : « Enfin, les deux États prennent position, dans le cadre fixé par les traités de l’Union européenne, en faveur d’un recours plus étendu au système de la majorité qualifiée pour la prise de décisions au sein du Conseil de l’Union européenne (alinéa 5). » En clair, ils sont d’accord pour diminuer leur propre influence en Europe : ainsi, la France et l’Italie ne se contentent pas de se coucher devant les institutions de Bruxelles, il faut aussi qu’elles organisent leur propre impuissance. Et qu’elles creusent leur tombe, de leurs propres mains, sur le sujet de l’immigration. Car la France et l’Italie « s’engagent à soutenir une politique européenne de migration et d’asile et des politiques d’intégration fondées sur les principes de responsabilité et de solidarité partagées entre les États membres, et prenant pleinement en compte la particularité des flux migratoires à leurs frontières respectives, maritimes et terrestres, ainsi que sur un partenariat avec les pays tiers d’origine et de transit de ces flux ».

Commentaire du député européen RN et conseiller de Marine Le Pen Philippe Olivier, qui a mis le doigt sur cette perle de duplicité : « Tout est bon – même un petit traité d’amitié dont personne ne parle – pour faire avancer l’agenda mondialiste. » Par ce type de traités qui passent sous les radars médiatiques, la France de Macron s’autodétruit avec le sourire. L’Histoire racontera comment, dix-sept ans après le référendum par lequel les Français refusèrent toute Constitution européenne, nos dirigeants élus ont tendu leurs mains à Bruxelles pour qu’on leur passe les menottes et le cou pour qu’on y passe la corde.

Deux textes de coopération franco-italienne ont été adoptés à l’Assemblée nationale les 4 et 28 juillet derniers.

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