La guerre civile espagnole secoue de nouveau la France

Scroll down to content

Javier Portella 16 août 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

 

Imprimer, enregistrer en PDF ou envoyer cet article

Voilà donc qu’au milieu du calme plat de l’été, un orage a éclaté en France. Un livre paru en 2003 en Espagne vient d’être traduit en français (Pio Moa, Les Mythes de la guerre d’Espagne, chez L’Artilleur/Toucan, préfacé par Arnaud Imatz). Un entretien avec l’auteur a été publié dans Le Figaro Histoire, suivi d’une vidéo de la journaliste rédactrice Isabelle Schmitz qui a déjà récolté sur Twitter 1,2 million de vues.

https://platform.twitter.com/embed/Tweet.html?creatorScreenName=bvoltaire&dnt=false&embedId=twitter-widget-0&features=eyJ0ZndfdGltZWxpbmVfbGlzdCI6eyJidWNrZXQiOlsibGlua3RyLmVlIiwidHIuZWUiXSwidmVyc2lvbiI6bnVsbH0sInRmd19ob3Jpem9uX3RpbWVsaW5lXzEyMDM0Ijp7ImJ1Y2tldCI6InRyZWF0bWVudCIsInZlcnNpb24iOm51bGx9LCJ0ZndfdHdlZXRfZWRpdF9iYWNrZW5kIjp7ImJ1Y2tldCI6Im9uIiwidmVyc2lvbiI6bnVsbH0sInRmd19yZWZzcmNfc2Vzc2lvbiI6eyJidWNrZXQiOiJvbiIsInZlcnNpb24iOm51bGx9LCJ0ZndfdHdlZXRfcmVzdWx0X21pZ3JhdGlvbl8xMzk3OSI6eyJidWNrZXQiOiJ0d2VldF9yZXN1bHQiLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfSwidGZ3X3NlbnNpdGl2ZV9tZWRpYV9pbnRlcnN0aXRpYWxfMTM5NjMiOnsiYnVja2V0IjoiaW50ZXJzdGl0aWFsIiwidmVyc2lvbiI6bnVsbH0sInRmd19leHBlcmltZW50c19jb29raWVfZXhwaXJhdGlvbiI6eyJidWNrZXQiOjEyMDk2MDAsInZlcnNpb24iOm51bGx9LCJ0ZndfZHVwbGljYXRlX3NjcmliZXNfdG9fc2V0dGluZ3MiOnsiYnVja2V0Ijoib24iLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfSwidGZ3X3R3ZWV0X2VkaXRfZnJvbnRlbmQiOnsiYnVja2V0Ijoib2ZmIiwidmVyc2lvbiI6bnVsbH19&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1557736595150757888&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.bvoltaire.fr%2Fla-guerre-civile-espagnole-secoue-de-nouveau-la-france%2F&sessionId=b434530cdf4d609cd336cc29de1947b5df94140b&siteScreenName=bvoltaire&theme=light&widgetsVersion=31f0cdc1eaa0f%3A1660602114609&width=550px

L’Humanité, relayée par Le Huffington Post, a enfin réagi de façon tonitruante.

Les révélations de Moa ont évidemment ébranlé, surtout, la France de gauche (l’autre aussi, qui s’en doutait un peu, mais n’avait jamais osé y croire sérieusement). Le choc est compréhensible : on vient d’apprendre que c’est faux de toute fausseté, tout ce qu’on a toujours cru, pendant plus de quatre-vingts ans, sur les enjeux profonds de la guerre civile espagnole.

Plus grave. Celui qui en apporte les preuves n’est pas un misérable « fasciste » vomissant sa haine anti-démocratique contre le peuple. Bien au contraire, Pio Moa avait été dans sa jeunesse un combattant anti-franquiste résolu qui, à l’heure actuelle, adhère pleinement aux idées libéral-démocratiques.

Qu’est-ce qu’il dit, cet historien dont les livres soulèvent en Espagne un succès éclatant (300.000 exemplaires vendus) autant qu’une haine féroce ?

Il dit que Franco et les siens ne s’étaient nullement soulevés contre la démocratie de la République instaurée en 1931. Pour la plus banale des raisons : une telle démocratie n’existait tout simplement pas. Comment aurait-elle pu exister après les élections que le Front populaire (c’est prouvé noir sur blanc) emporta de façon on ne peut plus frauduleuse en 1936 ? De quelle démocratie peut-on parler quand les socialistes s’étaient soulevés deux ans plus tôt pour faire triompher la révolution bolchevique (mais qui ne réussit brièvement que dans les Asturies) ? Quelles intentions démocratiques pouvaient avoir les leaders socialistes qui affirmaient constamment leurs buts révolutionnaires ? Comme Largo Caballero, connu comme le Lénine espagnol, qui, en février 1936, déclarait : « Aussitôt que le gouvernement Azaña sera tombé, il y aura en Espagne une république soviétique. »

C’est clair et net : à la veille de la guerre civile, la révolution (peu importe le nom : soviétique, socialiste, communiste…) était sur le point d’établir son joug sur l’Espagne. Seul un soulèvement militaire pouvait l’empêcher, fût-ce au prix d’une effroyable guerre civile où des crimes, comme dans toute guerre entre frères, furent certes commis des deux côtés.

Or, personne ne l’avait jusqu’à présent jamais dit. Personne ? Si, tous les historiens franquistes ont toujours affirmé que tel était l’enjeu du soulèvement militaire. Mais personne ne les avait crus. À commencer par la droite libérale espagnole, qui a fait deux choses. L’une : tendre la main aux ennemis d’hier en lançant une Transition vouée à la réconciliation entre les deux Espagne. Très bien, mais le problème est que cela impliquait autre chose : aucun des deux camps ne pouvait alors porter la responsabilité de la guerre civile et ses méfaits. Or, la première à endosser de son plein gré la tunique de pénitent a été justement une droite libérale qui, toujours craintive d’être jugée « trop à droite », a été capable, entre autres, de voter au Parlement une déclaration condamnant le soulèvement militaire grâce auquel le communisme fut vaincu.

Comment s’étonner alors que la voie ait été grand ouverte pour que les différents gouvernements socialistes aient enlevé toute trace de l’esprit de réconciliation que la Transition signifiait ? La persécution idéologique que la gauche mène depuis toujours pour imposer ses vues va bientôt être doublée (dès l’entrée en vigueur de la loi dite de la Mémoire « démocratique ») d’une persécution juridique contre quiconque oserait parler du moindre fait du régime franquiste sans le vouer aux gémonies.

Pio Moa devra alors bien se tenir sur ses gardes.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :