Une commission historique mixte franco-algérienne : chiche !

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Arnaud Florac 28 août 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

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Notre Président aime les voyages. Il aime l’Afrique, en particulier. Pas à la façon d’un de Gaulle ou d’un Chirac, non : dans le goût moderne. Il vient sur le sol qui jadis fut français avec un mélange de honte et de démagogie, celle-ci expliquant probablement celle-là. Emmanuel Macron a pour les peuples africains l’amitié surjouée, les sourires forcés qu’ont les bobos quand ils ont « un pote black ».

Dans le cas de l’Algérie, dont l’histoire commune avec la France est pleine de sang et de larmes, c’est encore pire. Hué lors d’un bain de foule à Oran, il a continué à sourire jusqu’à ce qu’on l’exfiltre. Accueilli par le président Tebboune, il a cru bon d’annoncer la création d’une commission historique franco-algérienne, composée de spécialistes des deux pays, et dont le but serait de faire toute la vérité sur les 130 ans de vie commune des deux pays.

On imagine que l’incontournable Benjamin Stora, auteur de ce fameux rapport publié en 2021, aura toute sa place au sein de cette commission. Ses états de service ne plaident pas en faveur de sa neutralité, mais enfin, que voulez-vous, un historien de gauche, c’est comme un notable macroniste ou un citadin écolo : ça rassure.

On peut tout de même avancer que, si cette commission mixte est vraiment honnête, et qu’elle intègre (évidemment) des historiens algériens aux positions particulièrement antifrançaises, elle se devrait aussi, en toute logique et dans un souci d’équilibre et de parallélisme des formes, d’intégrer des experts français qui proposent un bilan un peu plus factuel de la colonisation française. Pourquoi pas Jean Sévillia, auteur du magistral ouvrage Les Vérités cachées de la guerre d’Algérie ? Pourquoi pas Bernard Lugan, qui a, lui aussi, su passer au-delà des histoires officielles, allant jusqu’à chiffrer, dans Algérie, l’histoire à l’endroit, les prétendus « méfaits » de la colonisation : kilomètres de routes, dispensaires, ports et aéroports, etc.

Mais l’on peut craindre que cette commission gadget soit mise sur pied (si elle voit jamais le jour…) pour faire approuver la version FLN de l’histoire de l’Algérie : peuple fier et uni, maltraité par les Français, qui s’est soulevé comme un seul homme contre le joug colonial. Les paroles de l’hymne algérien (voir ci-dessous) à l’égard de la France sont sans ambiguïté sur l’histoire d’amitié, voire d’amour, dont parlait un Macron pédant et creux, l’autre jour, devant un président Tebboune probablement pas dupe.

Qu’attend le pouvoir français de cette nouvelle humiliante reptation, de ce nouvel affront aux pieds-noirs, aux harkis, à l’Histoire de France (de la monarchie à la république en passant par le Second Empire) ? Du gaz, j’imagine. Que vont penser les millions de Français d’origine algérienne qui ont appris à haïr, à mépriser la France depuis leurs premières vacances au bled ? L’avenir nous le dira (où nous le montrera, je pense).

En attendant, si quelqu’un de sensé voulait bien limiter les déplacements du Président Macron… Dès qu’il sort de l’Élysée, c’est pour dire des bêtises.

Extrait de l’hymne algérien

Ô France !
Le temps des palabres est révolu
Nous l’avons clos comme on ferme un livre
Ô France !
Voici venu le jour où il te faut rendre des comptes
Prépare toi ! voici notre réponse Le verdict,
Notre révolution le rendra
Car nous avons décidé que l’Algérie vivra
Soyez-en témoin ! Soyez-en témoin !
Soyez-en témoin !

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