Expulsion d’une famille de délinquants : Gérald Darmanin se vante de l’exécution d’une décision vieille de… six ans !

Scroll down to content

Marie Delarue 31 août 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

 

Imprimer, enregistrer en PDF ou envoyer cet article

Il y a des jours avec et des jours sans. Hier était un jour avec : monsieur Darmanin triomphait. Le Conseil d’État venait, contre toute attente disent certains, de valider l’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen. Le ministre de l’Intérieur criait victoire.

Aujourd’hui est un jour sans : l’imam Iquioussen s’est fait la malle. Il s’est expulsé tout seul vers la Belgique voisine. « Ça fait bien un mois qu’on ne l’a pas vu », disent ses voisins au micro d’Europe 1. Autrement dit, il a pris la poudre d’escampette dès qu’a commencé le feuilleton de l’été. Les fins limiers du ministre étaient-ils déjà au courant ? Les fanfaronnades du ministre étaient-elles, du coup, surfaites ?

Que faire alors, se demande Gérald Darmanin : détourner l’attention de cette fuite à Varennes par une autre action d’éclat, peut-être ? Dont acte. Et le ministre qui tweete plus vite que son ombre de nous aviser, le 30 août : « Ce matin, sur mon instruction, le préfet du Val-d’Oise a fait procéder à l’expulsion des occupants du logement de l’auteur du rodéo qui avait blessé grièvement deux enfants le 5 août dernier. »

https://platform.twitter.com/embed/Tweet.html?creatorScreenName=bvoltaire&dnt=false&embedId=twitter-widget-0&features=eyJ0ZndfdGltZWxpbmVfbGlzdCI6eyJidWNrZXQiOlsibGlua3RyLmVlIiwidHIuZWUiXSwidmVyc2lvbiI6bnVsbH0sInRmd19ob3Jpem9uX3RpbWVsaW5lXzEyMDM0Ijp7ImJ1Y2tldCI6InRyZWF0bWVudCIsInZlcnNpb24iOm51bGx9LCJ0ZndfdHdlZXRfZWRpdF9iYWNrZW5kIjp7ImJ1Y2tldCI6Im9uIiwidmVyc2lvbiI6bnVsbH0sInRmd19yZWZzcmNfc2Vzc2lvbiI6eyJidWNrZXQiOiJvbiIsInZlcnNpb24iOm51bGx9LCJ0ZndfY2hpbl9waWxsc18xNDc0MSI6eyJidWNrZXQiOiJjb2xvcl9pY29ucyIsInZlcnNpb24iOm51bGx9LCJ0ZndfdHdlZXRfcmVzdWx0X21pZ3JhdGlvbl8xMzk3OSI6eyJidWNrZXQiOiJ0d2VldF9yZXN1bHQiLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfSwidGZ3X3NlbnNpdGl2ZV9tZWRpYV9pbnRlcnN0aXRpYWxfMTM5NjMiOnsiYnVja2V0IjoiaW50ZXJzdGl0aWFsIiwidmVyc2lvbiI6bnVsbH0sInRmd19leHBlcmltZW50c19jb29raWVfZXhwaXJhdGlvbiI6eyJidWNrZXQiOjEyMDk2MDAsInZlcnNpb24iOm51bGx9LCJ0ZndfZHVwbGljYXRlX3NjcmliZXNfdG9fc2V0dGluZ3MiOnsiYnVja2V0Ijoib24iLCJ2ZXJzaW9uIjpudWxsfSwidGZ3X3R3ZWV0X2VkaXRfZnJvbnRlbmQiOnsiYnVja2V0Ijoib2ZmIiwidmVyc2lvbiI6bnVsbH19&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1564527151096938496&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.bvoltaire.fr%2Fexpulsion-dune-famille-de-delinquants-gerald-darmanin-se-vante-de-lexecution-dune-decision-vieille-de-six-ans%2F&sessionId=a390ade549a1542e6ab08fc5612aefe546b4eee7&siteScreenName=bvoltaire&theme=light&widgetsVersion=1bfeb5c3714e8%3A1661975971032&width=550px

C’est l’un de ces « faits divers » dont l’été, hélas, a été riche. Ce 5 août, un motard adepte du rodéo urbain fauchait deux enfants sur une esplanade, dans le quartier des Hauts de Marcouville, à Pontoise. Les laissant grièvement blessés, il prenait la fuite sur son engin avant, le lendemain, de se rendre à la police. La petite fille est sortie du coma le 16 août et il est à craindre qu’elle garde de lourdes séquelles de son traumatisme crânien. Son frère, blessé au tibia, a lui aussi été opéré.

Le « jeune homme » (marque déposée ?) auteur des faits a été mis en examen et écroué, le 8 août, pour « blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à trois mois ». Des fautes aggravées par le « délit de fuite » et le « manquement à des obligations de sécurité ».

Donc, si l’on en croit monsieur Darmanin, c’est en raison de ces faits et grâce à sa grande détermination dans l’application de la loi et la défense du citoyen que le préfet a, ce 30 août, fait expulser la famille de son logement social. Sauf que…

Sauf que ce n’est pas exactement cela. Monsieur Darmanin, en cette circonstance, comme dans l’affaire de l’imam Iquioussen, n’a fait que mettre enfin à exécution des mesures qui auraient dû être appliquées de longue date. Car, explique encore le préfet Philippe Court, c’est en 2016 – il y a 6 ans ! – que le tribunal avait prononcé l’expulsion des occupants pour non-paiement du loyer. Et je ne vous fais pas un dessin : pour que le tribunal, en 2016, prononce une expulsion, c’est que les impayés remontaient à la Préhistoire. Le préfet poursuit : « Pour agir avec rapidité (sic !), je me suis appuyé sur une décision qui était toujours exécutoire du juge civil sachant que nous aurions monté le dossier pour expulsion pour troubles de jouissance dans un cas comme celui-ci », dit-il. « Très clairement, ce n’est pas sans lien avec ce qui s’est passé le 5 août dernier et ça rejoint, et dans son esprit et dans son effet, les dossiers que nous montons pour expulser pour troubles de jouissance ou faits de délinquance. »

Résumons donc. Comme l’écrit Le Canard enchaîné, ces gens devaient être expulsés depuis 2016 mais « la police n’avait jusque-là pas trouvé le temps de faire exécuter cette décision administrative » (Libération). Et monsieur Darmanin n’était pas plus pressé de voir expulser les familles de fauteurs de troubles et autres racailles délinquantes qu’il n’était pressé de mettre un terme aux agissements de l’imam Iquioussen.

Bref, une fois de plus, Gérald Darmanin soigne sa com’.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :