Les Macron en baskets à Londres : et si casser les codes était ringard ?

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Gabrielle Cluzel 19 septembre 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

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Beaucoup de bruit pour rien ? Pas si sûr, car l’impair est très emblématique. « Funérailles d’Élisabeth II : les images d’Emmanuel Macron en basket déplaisent aux médias anglais », titrait BFM TV, ce lundi matin, avec photographie à l’appui. Bien sûr, lorsque le cliché a été pris, dimanche, Emmanuel Macron et Brigitte Macron n’assistaient pas encore aux obsèques. Ils se promenaient près de Westminster, lit-on, pour observer la file d’attente des Anglais souhaitant rendre un dernier hommage. Mais ces funérailles étaient l’objet de leur déplacement. Ils ne venaient pas faire du shopping. C’est pourtant – avec, en sus, leurs lunettes de soleil sur le nez – ce qu’ils ont pu laisser imaginer. Il n’ont pas envoyé les bons signaux, les Anglais n’ont pas aimé et on les comprend.

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On notera qu’a contrario, les anonymes gardes du corps autour d’eux – sportifs sans doute, pourtant – portaient des chaussures de ville en cuir. Les employés doivent faire montre de respect, par leur tenue, à des employeurs qui ne se sentent, eux, aucun devoir. Cultiver le style débraillé pour vous donner des airs faussement cool n’est pas la marque du prolo mais le snobisme du bobo. On pourrait dire son luxe car si, par exemple, l’étudiant à la Sorbonne, antifa à ses heures, peut sans dommage traîner hirsute et dépenaillé sur le bitume parisien, l’apprenti pâtissier, frais émoulu de son CAP, ne peut prendre les mêmes privautés dans son hôtel-restaurant. Et sa cravate Auchan est meilleur marché que bien des accessoires prisés par les militants de gauche. Itou ici : gageons que les chaussures de la garde rapprochée étaient moins coûteuses que les baskets siglées Weston de façon voyante du président de la République. Sans doute Emmanuel Macron n’est-il pas un militant de gauche, mais la provocation feutrée est éminemment progressiste. Le « cela-se-fait » a été la cible privilégiée de Mai 68, qui n’y voyait que contrainte et dictature de l’apparence. Et « casser les codes » est devenu un mantra de communicant pour susciter le buzz. Emmanuel et Brigitte Macron étaient en « sneakers », de to sneak, « se déplacer furtivement », donc en silence, à cause des semelles en caoutchouc, par opposition aux semelles en cuir dur. Pour le déplacement furtif, c’est raté. C’était sans doute le but recherché.

Ces codes vestimentaires brouillés ont envahi, par capillarité, toutes les couches de la société. En cela, l’ultra-capitalisme rejoint l’extrême gauche, puisque les GAFAM et les start-up de la Silicon Valley ont été les premières à faire tomber la cravate.

Le comble du mauvais goût pour beaucoup, aujourd’hui, est d’avoir l’air propret – entendez benêt – et endimanché – c’est-à-dire guindé. Votre ouverture d’esprit est proportionnelle à celle de votre col. Même dans les enterrements, bien souvent, seuls sont habillés les croque-morts et mémé dans son cercueil. Les sneakers y pullulent. Sauf quand mémé est la reine d’Angleterre. La famille royale vient de donner, au monde entier fasciné, une leçon de savoir-vivre faite de codes, de protocole, de bienséance, de tenues dignes et appropriées, jusqu’au dernier des petits-enfants. À Westminster, pas une seule danse, chanson, déclaration ou prestation artistique déplacée. Même les morceaux de musique contemporains s’inscrivent, en la revisitant, dans une longue tradition. Bref, pas un seul « code cassé ». Qui pourrait dire, au vu de l’engouement qu’elle suscite, que cette famille est démodée ? C’est Emmanuel Macron qui devrait partir, discrètement, sur la pointe des pieds. Cela tombe bien, il a les souliers adaptés.

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