L’éditorial du Figaro: «Quand la politique oscille entre grandiloquence et impuissance»

Par Le Figaro

23 décembre 2022

Écouter cet article

00:00/01:04

Vincent Trémolet de Villers. Le Figaro

Par Vincent Trémolet de Villers, directeur adjoint de la rédaction.

Raymond Aron recommandait de se mettre à la place de celui qui décide avant de porter un jugement sur un choix politique. Avec une question: «Qu’aurais-je fait dans une telle situation?» Immédiatement, un entrelacs de contraintes et de pressions vient émousser la première impulsion. Le citoyen qui se livre à cet exercice mesure alors qu’il n’est pas du tout évident d’être ministre. On pourrait ajouter aux préceptes d’Aron les tyrannies de l’instant et de la transparence, qui transforment trop souvent l’homme public en cible des meutes numériques ou des ligues de vertu.

La semaine du FigaroVoxNewsletter

Le samedi

Retrouvez les chroniques, les analyses et les tribunes qui animent le monde des idées et l’actualité. Garanti sans langue de bois.S’INSCRIRE

Il faut pourtant se rendre à l’évidence, et notre sondage en témoigne, il ne s’agit même plus de désamour ou de rancune de l’opinion vis-à-vis de ceux qui nous gouvernent, mais d’une très grande indifférence. Comme si la politique comme spectacle avait fini par lasser et que plus personne ne semblait croire sérieusement à l’influence concrète d’un gouvernement sur le cours des choses.La politique comme spectacle a fini par lasser

C’est la conséquence directe d’un double discours qui mêle perpétuellement une humilité de façade – «l’État ne peut pas tout» – et une effarante prétention -«transformer la France», «sauver la planète», «changer la vie». Concrètement, ceux qui nous gouvernent affichent leur impuissance sur le départ d’un train à la veille de Noël, mais promettent des RER partout dans dix ans. Ils donnent aux bureaucrates tous les pouvoirs pour interdire les voitures thermiques, établir des «zones à faibles émissions», mais, comme ils sont incapables d’entretenir des centrales nucléaires, ils ouvrent des centrales à charbon.

À cette contradiction entre l’emphase des discours et la difficulté réelle à peser, même modestement, sur les choses s’ajoute le sentiment d’un traitement inéquitable. L’État est intraitable avec ceux qui respectent les règles, mais sa faiblesse apparaît dès qu’une minorité agressive décide de le défier: Clément Beaune, le ministre des Transports, omniprésent pour fustiger les avions d’affaires, se fait plus discret quand il s’agit des contrôleurs grévistes.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :