Pas besoin du metaverse: nos dirigeants vivent déjà dans une réalité parallèle

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Edouard HussonÉric VerhaegheparEdouard Husson and Éric Verhaeghe

 5 janvier 2023. COURRIER DES STRATEGES

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Pas besoin du metaverse: nos dirigeants vivent déjà dans une réalité parallèle

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Le « metaverse » ou univers virtuel, est au coeur de bien des réflexions de Davos. Mais il n’est pas nécessaire de s’y plonger pour constater que les milieux dirigeants français – et occidentaux en général – vivent dans une réalité parallèle. Par exemple, concernant les dystopies urbaines à venir, la prestigieuse ville d’Oxford s’apprête à mettre en place une limitation autoritaire des déplacements dès 2024. 


Un des grands sujets sur le site du Forum Economique Mondial, c’est le metaverse. Vous y trouvez déjà des dizaines d’articles; les gens de Davos en sont déjà à imaginer un « metaverse inclusif ». Mais faut-il aller jusqu’au monde virtuel pour constater que les décideurs occidentaux vivent dans une réalité parallèle? Prenons l’article de tête sur le Figaro du 4 janvier au soir, qui prend pour argent comptant les projets de réintégration de la Crimée de Zelenski et son gouvernement. Ou bien jetons un regard (consterné) sur la mise en scène de ce matin dans la cour de l’Elysée: « le gouvernement arrivant à pied ». 

Le projet totalitaire du Conseil de comté d’Oxford 

Il faudrait un Observatoire de la dystopie pour faire un recensement systématique de tous les projets, plus idéologiques les uns que les autres, que veulent mettre en place nos élites. Prenez la « ville du quart d’heure ». Cette notion est née de l’idée simple qu’à l’âge du numérique les commerces de proximité retrouvent une viabilité économique, en particulier grâce à la possibilité de créer des cycles cours d’approvisionnement. Effectivement, on pourrait imaginer un ordre spontané émergeant de la dynamique d’innovation de l’âge digital. C’est ce qu’avait anticipé en partie le grand économiste libéral Jean-Jacques Rosa dans son ouvrage intitulé Le second XXè siècle. Plein d’optimisme devant le potentiel de la « troisième révolution industrielle », il prédisait, au milieu des années 1990, un développement spectaculaire de l’entreprise individuelle; et une victoire du « small is beautiful ». 

Rosa, simplement, n’avait pas imaginé que pût revenir en deux décennies une tentation totalitaire en Europe occidentale. Les projets de « villes du quart d’heure » sont un bon exemple de la transformation d’une bonne idée en cauchemar totalitaire. Le 29 novembre dernier, le conseil du comté d’Oxford a voté un projet de division de la ville d’Oxford en six quartiers entre lesquels les voitures n’auront pas le droit de circuler sauf autorisation spéciale – et encore, pas plus de 100 jours par an. Toute personne qui dépassera son quota de 100 jours, devra payer une amande de 70 livres par jour d’infraction. Imaginez que vos parents âgés habitent dans un autre district que le vôtre, vous ne pourrez pas leur rendre visite autant que vous voulez, sauf à faire un détour par l’extérieur de la ville. Ce plan doit entrer en vigueur en 2024. 

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