[Point de vue] Ukraine : on n’a pas de pétrole…mais on a des chars en rab !

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Arnaud Florac 5 janvier 2023 BOULEVARD VOLTAIRE

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La nouvelle est tombée cette semaine dans la presse : il paraît que la France, et pas n’importe laquelle, celle d’Emmanuel Macron, va livrer à l’Ukraine des « chars légers », à roues donc. Renseignements pris, il s’agit du modèle AMX 10 RC (RC pour roues-canon), en service dans certains régiments de cavalerie blindée, des chars qui doivent apparemment être remplacés par un nouveau modèle, le Jaguar, dans les années à venir. Normalement, donc, pas de problème : on rend service, on donne de vieux équipements qui ne servaient plus. C’est, déférence gardée envers l’armée ukrainienne, une sorte de bourse aux équipements, une manière d’Emmaüs militaire. On pourrait considérer que c’est comme ça, que ce n’est pas si grave et que c’est même plutôt sympa, et s’arrêter là.

On pourrait, mais on ne devrait peut-être pas. La position officielle de la France, plutôt équilibrée et intelligente, convient que les conditions ne sont pas réunies pour que l’Ukrainerejoigne l’OTAN. C’est heureux, car l’adhésion de l’Ukraine obligerait immédiatement, de facto, les pays membres de l’Alliance Atlantique à lui porter secours, en vertu de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord. En revanche, dans un nouvel « en même temps » époustouflant de souplesse, le fait de fournir officiellement des blindés à un État souverain, qui se défend contre un autre État souverain, marque une nouvelle étape dans la dégradation des relations franco-russes. La France, après avoir fourni des canons d’artillerie, livre désormais des charsqui, quoique « légers », renforcent sa position de « co-belligérant », telle que définie par la Russie. Elle prend sa place aux côtés des autres membres de l’OTAN, qui lui reprochent, dit la presse, son faible investissement financier dans la cause ukrainienne.

Nous n’avons pas de pétrole, notre électricité coûte un bras et nos boulangeries, nos restaurants, ferment les uns après les autres à cause de l’augmentation du prix de l’énergie. Le litre d’essence flirte avec les 2 euros, la pauvreté s’installe… mais, heureusement, on apprend donc de manière fortuite que la France a des chars en rab. C’est bien. L’histoire ne dit pas si ce matériel va être retiré à des unités combattantes ou s’il avait déjà été sorti des stocks de l’armée française.

À l’exception d’une menace contre les intérêts de la France, il n’y a théoriquement, dans une guerre, ni « gentil » ni « méchant ». La géopolitique selon Gulli n’a jamais produit de bons résultats : Belgrade en Serbie, Bagdad en Irak, Kaboul en Afghanistan, Pristina au Kosovo et maintenant Kiev sont là pour témoigner. Tous les conflits du « bien contre le mal », ces trente dernières années, se sont terminés en eau de boudin, avec des centaines de milliers de morts, des États faillis, des armes en libre circulation, des déplacements de population, des mensonges énormes (Colin Powell à l’ONU), des villes ravagées, des régimes politiques totalement mafieux…Peut-être aurait-on pu réfléchir à deux fois avant de s’embarquer résolument aux côtés du régime de Zelensky, donc des États-Unis. Il est un peu tard maintenant, et il ne reste plus à nos « chars légers » qu’à quitter la France au crépuscule, pour paraphraser Jean Raspail, en passant par la porte de l’ouest qui n’est plus gardée. Et advienne que pourra.

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