Lorsque le président, lassé par les sondages… 

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Français, c’est ainsi que font les politiques

Henri Beaumont 

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13 janvier 2023 CAUSEUR

Lorsque le président, lassé par les sondages…
Emmanuel Macron et sa femme, Brigitte Macron, en ballade à la plage du Touquet (62), le 23 avril 2022 © Jacques Witt/SIPA

D’après Alfred de Musset…


Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j’en sais d’immortels qui sont du pur pipeau.

Lorsque le Président, lassé par les sondages,
Dans les brouillards du soir retourne en son château

Ses ministres affairés courent sur le rivage
En le voyant au loin débattre avec FO.

Déjà, croyant saisir et propager la foi,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
Et font avec leurs becs beaucoup de discours creux.

Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Prêcheur mélancolique, il regarde les vieux.

L’encens coule à flots de sa poitrine ouverte ;
En vain il a des maires fouillé la profondeur ;
Matignon était vide, la retraite est déserte ;
Pour tout financement il apporte son cœur.

Sombre et silencieux, navigant dans l’éther,
Partageant aux Français ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur ;
Et, regardant enfler sa glorieuse mamelle,
Sur son festin de mots il s’affaisse et chancelle,
Ivre de mélopées, de Nupes et d’erreurs.

Mais parfois, au milieu de divins artifices,
Fatigué de coacher, Babeth, ballons, supplices
Jupiter voit Messi engloutir ses enfants ;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il clame dans la nuit un discours si fumeux,
Que tous les supporters désertent les virages,
Et que Kylian Mbappé, saisi au visage,
Sentant la main passer se recommande à Dieu.

Français, c’est ainsi que font les politiques.

Ils laissent s’égayer ceux qui votent un temps ;
Mais les festins humains qu’ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pénitents.

Quand ils parlent ainsi d’espérances trompées,
De tristesse et d’oubli, d’amour et de malheur,
C’est un joli concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont du karaoké
Toutes miment dans l’air des chants éblouissants ;
Mais contiennent rarement quelques gouttes de sens (…) ».

(D’après Alfred de Musset, La nuit de mai,1835)

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