Retraites : le défilé attendu du vieux monde

PUBLIÉ LE :16 JANVIER 2023. IVAN RIOUFOL

Le vieux monde s’accroche. Il fait la une de L’Humanité ce lundi : huit hommes et une femme, dans un montage photographique rétro où le patron de la CGT, Philippe Martinez, semble fédérer les autres leaders syndicaux, unis contre la réforme des retraites. « Les syndicats d’une seule voix », titre le journal communiste. Martinez promet un million de personnes dans les rues jeudi. Mais c’est une voix d’outre-tombe qui résonnera. Il est peu probable que les Français, bien qu’opposés majoritairement au projet du gouvernement, se rallient à des syndicats inconséquents, qui ne représentent plus que 7 à 11% des salariés. C’est le patron de la CFDT, Laurent Berger, qui a appelé en 2022 à voter pour la réélection d’Emmanuel Macron en dépit de sa volonté affichée de repousser l’âge de départ à 65 ans. C’est la CGT qui a appelé, avec d’autres syndicats, à faire barrage à Marine Le Pen et donc à voter pour le président sortant. Ces gens-là ne peuvent feindre de découvrir un projet qu’ils ont avalisé, au nom de la lutte contre le « populisme » et « l’extrême droite ». Dans la « guerre » qu’ils ont déclaré à la réforme, ils savent qu’ils ne pourront aller, avec l’appui de grèves paralysantes, jusqu’à la défaite de Macron. Au risque de pousser le président vers la sortie en réactivant la seule solution alternative envisageable actuellement : celle du Rassemblement national. Ces processionnaires, qui avaient montré leur hostilité aux premiers Gilets jaunes venus les défier, illustrent la faillite du progressisme dogmatique.

Les syndicats  ne parlent pas avec les mots des Français. S’ils partagent en apparence un même rejet de la réforme, leur vision est limitée à leur propre survie. La France est traversée par une envie révolutionnaire. Mais celle-ci est portée par un rejet de la gauche et de ses idéologues. La France Insoumise, à cause de ses outrances, a laissé voir sa face répulsive d’une formation clanique et autoritaire. La révolution qui s’observe n’est pas à rechercher chez les vieux acteurs du mouvement social. Ils tentent d’occuper la scène en menaçant de leur pouvoir de nuisance. Ceux-ci n’oseront jamais se rallier au « Tout sauf Macron », au risque de promouvoir Marine Le Pen. Même si le mouvement des Gilets jaunes s’est apparemment éteint, les braises demeurent. C’est un monde actuellement silencieux, excédé d’avoir été trahi par ses prétendus porte-parole, qui est prêt à en découdre. La moindre étincelle peut mobiliser une opinion léthargique. L’émotion et l’affect ne sont pas à négliger dans ces révoltes, dont les prémices sont portées par un même sentiment de conservation. Les indignations liées aux atteintes portées aux églises à abattre, aux statues de la Vierge ou de Saint Michel à déboulonner sur l’Ile de Ré ou aux Sables d’Olonne sont des indices. Ils s’ajoutent à la révolte du village breton de Callac, qui a refusé de devenir le laboratoire d’un village multiculturel. La société bouillonne, en coulisses pour l’instant. Elle dit : « Touche pas à ma France ! » Gare au réveil.

Je participerai cette semaine à la nouvelle émission de CNews, Les Français ont la parole, de 14h à 15h30 

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