Dix ans après la loi Taubira : « Notre détermination est absolument intacte »

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Marc Eynaud 17 mai 2023. BOULEVARD VOLTAIRE

 

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À l’occasion des dix ans de la loi autorisant le mariage pour les couples de même sexe, Ludovine de La Rochère, présidente du Syndicat de la famille, anciennement Manif pour tous, revient, pour BV, sur le combat mené ces dernières années. La présidente réaffirme sa détermination à lutter contre cette loi qu’elle qualifie d’« aberration » et contre toutes les conséquences qui en découleront.

Marc Eynaud. Les forces du progrès célèbrent, aujourd’hui, les dix ans de l’adoption du mariage pour les couples de même sexe. Votre détermination à lutter contre cette loi est-elle intacte ?

Ludovine de La Rochère. Notre détermination est absolument intacte. Cette loi est inacceptable et les faits, depuis, nous ont donné raison. En soi, ce mariage est une aberration, un non-sens eu égard à ce qu’implique le mariage pour un couple : fonder une famille dans la mesure où on a la joie de pouvoir accueillir des enfants, ce qui n’est pas le cas d’un couple de personnes de même sexe. De facto, cela a ouvert le droit à l’adoption, ce qui est infiniment injuste, puisque cela revient à priver des enfants, déjà orphelins de père et de mère, une deuxième fois de père ou de mère.

De plus, cette loi est fondée sur l’idée que notre identité sexuelle n’a pas d’importance, pas de sens, pas de signification. Donc, prétendument, on peut être deux personnes de même sexe et fonder une famille, ce qui est faux. Cela signifie que le fondement de cette loi Taubira est l’idéologie du genre. On en voit toutes les conséquences au-delà même du mariage.

M. E. Dix ans après, on voit nombre de vos anciens compagnons de route, des LR ou du RN, retourner leur veste. Comment interprétez-vous ces revirements politiques ?

L. d. L. R. Du côté de LR, on peut observer à quel point ils deviennent un groupe de plus en plus réduit. Nicolas Sarkozy avait retourné sa veste de longue date, il a échoué aux primaires en 2016. En revanche François Fillon, qui avait annoncé qu’il reverrait la loi Taubira, a gagné. On voit aussi Valérie Pécresse qui a fait 4,78 % à la présidentielle 2022. Autrement dit, les LR, qui ont retourné leur veste pour se mettre dans le sens du vent et se plient à la pression, médiatique et idéologique, en payent les frais.

Du côté du Rassemblement national, c’est plus contrasté. Tout d’abord, il n’y a jamais eu un soutien en tant que tel mais des soutiens personnels qui se sont faits discrets ou sont restés sur la même ligne. Je n’ai pas d’exemple de retournement de veste de ces personnes qui ont manifesté en 2013.

M. E. Au RN, des députés ont célébré ces dix ans…

L. d. L. R. Des élus, y compris au Rassemblement national, n’ont pas eu le courage d’assumer leurs opinions et, face au déni de leur liberté de conscience, au lieu de s’y refuser quoi qu’il arrive, s’y sont pliés. Sur les sujets de société, le Rassemblement national est divisé. Sur ce sujet, Marine Le Pen est très politicienne : comme elle considère que son électorat est divisé, elle ne veut pas s’engager dans un sens ou dans l’autre.

M. E. Avez-vous eu raison trop tôt ?

L. d. L. R. Nous regrettons de ne pas avoir créé la Manif pour tous plus tôt car nous aurions pu avoir un travail d’influence en profondeur sur un plan culturel, intellectuel et en termes de relations publiques et de pressions. Les grandes manifestations de 2013 et celles qui ont suivi sont arrivées dans un contexte qui n’était pas préparé à une action très forte et n’ont pas été suffisamment anticipées. Il y a tout un ensemble d’actions qui sont nécessaires, outre l’action militante. La loi Taubira est la conséquence de l’idéologie du genre auxquels beaucoup ne croyaient pas avant 2012, car elle paraissait tellement aberrante que certaines personnalités ne pensaient pas qu’elle puisse être mise en œuvre en France. Elle a pour conséquence la PMA sans père, la PMA pour les personnes trans que nous avons pu empêcher, tout comme la réception des ovocytes de la partenaire revendiquée par les couples de femmes. Concernant la gestation pour autrui, les politiques n’osent plus revendiquer la légalisation. Néanmoins, nous sommes en pleine bataille sur ces sujets comme la question de la fluidité d’identité de genre supposée qui devrait prendre la place au détriment de la disparition de la reconnaissance des identités sexuelles homme et femme.

Ce prosélytisme n’est pas nouveau mais on voit très bien qu’il se diffuse partout, et en particulier chez les enfants, les adolescents et les jeunes. Nous le voyons davantage maintenant car les voix se multiplient pour s’opposer à cette propagande dont nos enfants sont victimes.

Aux États-Unis, l’opinion publique et les intellectuels sont très divisés et, petit à petit, la France s’américanise : tous les faits que l’on peut constater, comme le prosélytisme dans l’école ou dans les crèches, est de plus en plus dénoncé. Le débat est vif, le combat est toujours aussi rude. Nos enfants sont les premiers ciblés, comme ils ont été les premières victimes de toutes les mesures sociétales qui sont revendiquées par les progressistes. Or, ce sont des régressions terribles sur le plan anthropologique et civilisationnel. Dans ce contexte, j’appelle nos auditeurs à aller sur le site du Syndicat de la famille afin de nous donner le plus de force possible pour combattre, intervenir, dénoncer et influencer sur ces questions. Je suis convaincue que nous y arriverons. C’est un combat urgent, mais aussi de moyen et long terme, il est absolument nécessaire de nous rejoindre en se syndiquant.

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