MEMORABILIA

«Reconfinement: mais à quoi a servi l’été?»

L’éditorial du Figaro, par Alexis BrézetPar Alexis BrézetPublié il y a 2 heures, mis à jour il y a 2 heures

Alexis Brézet.
Alexis Brézet. Le Figaro

Et le couvercle retombe sur nos vies… Six mois après, voici que la France a de nouveau recours, en l’adaptant un peu, au plus sommaire, au plus moyenâgeux, au plus coûteux, au plus destructeur des instruments sanitaires: elle va enfermer les gens chez eux pour les protéger.

«Retrouver le confinement» ! Le mot, cette fois, a été clairement articulé par Emmanuel Macron. Un mot qui va bien au-delà du désagrément de tourner dans son appartement comme un lion en cage ou de la contrariété d’être privé de sorties. Un mot lourd de faillites en cascades, de licenciements par dizaines de milliers, de jeunes qui ne trouveront pas d’emploi, de moins jeunes qui perdront le leur. Un mot qui pèse son poids de vies de travail anéanties et d’existences brisées…

Ainsi donc, ce qui hier relevait de «l’inenvisageable» est devenu, nous dit-on, inévitable. Admettons. Admettons qu’au point où en est le cours de l’épidémie, il n’y ait pas d’autre solution que d’infliger au pays cette terrible punition. Mais reconnaissons alors que cet «inévitable» est aussi la sanction d’un grave échec. Imputable, quoi qu’en dise Emmanuel Macron, à ceux – mais à quoi ont-ils passé leur été? – qui n’ont su ni bâtir le système qui aurait permis d’appliquer efficacement le fameux «tester, tracer, isoler» ni accroître le nombre de lits dans les services d’urgence et de réanimation. Résultat de cette impéritie administrative: la France, alors qu’arrive la deuxième vague, n’est pas mieux armée (ah si, nous avons des masques!) qu’à l’époque où la première avait frappé…

Mais il n’est plus temps de regretter… Agissons, enfin! Rattrapons le temps perdu! Déployons immédiatement et largement ces tests antigéniques rapides que certains, pour des raisons obscures, s’acharnent à empêcher. Créons des lits d’urgence, comme en Allemagne. Formons ou recrutons des infirmières, comme en Italie. Déployons des hôpitaux de campagne, comme en Israël. Si le «quoi qu’il en coûte» a un sens, c’est bien en matière de santé. Rien ne serait pire, après le reconfinement (car il aura une fin), que de se retrouver aussi démunis qu’avant. Ce deuxième acte est un drame national ; un troisième serait une tragédie.

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