Zemmour à Lille : oser désigner l’ennemi pour pouvoir proposer un chemin !

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OPINION. La semaine dernière, après le meeting d’Éric Zemmour à Lille consacré au pouvoir d’achat, nous publiions une analyse a posteriori signée Céline Pina. Un texte qui a suscité de nombreuses réactions, et qui a poussé notre contributeur Aurélien Marq à prendre la plume pour lui répondre. Publié le 13 février 2022. FRONT POPULAIRE

Zemmour à Lille : oser désigner l’ennemi pour pouvoir proposer un chemin !

Céline Pina a publié il y a quelques jours son analyse du meeting d’Éric Zemmour à Lille. Je la remercie, ainsi que Front Populaire, de me donner l’opportunité de prolonger ici la réflexion.

Zemmour choisit-il vraiment de désigner des coupables plutôt que de chercher des solutions ? Voit-il le monde comme une opposition binaire entre « eux » et « nous » au risque de diviser là où il devrait rassembler ? Ce n’est pas si simple.

Comme Céline Pina l’écrit fort justement, Éric Zemmour est « l’empêcheur de nier le réel en rond » qui a « remis certains thèmes au cœur du discours politique (la question de la civilisation, le droit d’une culture à persister dans son être, la question de l’immigration et de l’assimilation). » On pourrait même dire qu’il a remis la politique au cœur du discours politique, alors que depuis trop longtemps celui-ci n’était plus qu’un discours de gestionnaires enrobé de grands mots par stratégie marketing.

C’est la cohérence profonde d’Éric Zemmour, avec l’amour passionné (excessif et obsessionnel, diront certains) de la France : il propose au peuple Français de reconquérir le droit de faire des choix politiques. Alors que tant de ses rivaux font croire aux Français que leur citoyenneté se réduirait désormais à apporter quelques micro-ajustements à la gestion du « sens de l’histoire », ce qui n’est que le nom que les lâches donnent aux modes dont ils n’ont pas le courage de s’affranchir.

Pour Éric Zemmour la France n’est pas un territoire et les Français ses occupants temporaires : ils sont une nation et son peuple souverain. Il fait donc la différence entre les citoyens (de toutes origines) et les non-citoyens, et observe que depuis des décennies les citoyens sont inéluctablement dépossédés de leur souveraineté, de leur territoire, de leur culture, de leur économie, de leur pouvoir d’achat au bénéfice des non-citoyens, et de ceux pour qui la citoyenneté n’est qu’une facilité administrative. Que les services publics bénéficiant à tous sont démantelés pour financer des aides et des subventions ne bénéficiant qu’à certains. Que des minorités qui méprisent ouvertement la France, son peuple et sa culture, sont entretenues aux frais de la majorité. Et il ne supporte plus, c’était tout l’objet de son discours de Lille, de voir qu’au nom d’une paix sociale toute relative les citoyens Français, le peuple Français soit écrasé d’impôts pour financer le « tribut aux barbares » versé à ses ennemis, en même temps que des pans entiers de son territoire et de sa souveraineté sont abandonnés à ces mêmes ennemis. Paix relative, car (je cite ici la réflexion pleine de bon sens d’un interlocuteur sur twitter) : « quand tant de choix de vie sont soumis au questionnement sur la sécurité, que ce soit pour le choix d’une ville où poursuivre des études, du quartier où se loger, des vêtements à porter, des heures auxquelles circuler, on n’est plus dans une société en paix. »

Oui, Zemmour raisonne en termes d’amis et d’ennemis, non pas pour désigner des boucs émissaires, mais parce qu’il a le courage de voir ce qu’il voit. Il ne veut pas la guerre civile, mais il constate qu’une forme de guerre a déjà commencé. Une guerre d’usure, insidieuse, faite de ces escarmouches de moins en moins larvées qu’on nomme « ensauvagement », et des attaques permanentes à coups de propagande, d’entrisme, de harcèlement, qui rongent notre civilisation et désarment moralement et juridiquement notre peuple.

Il n’est plus seulement question de délinquance, car la délinquance est une déviance marginale au sein d’une société globalement pacifiée, alors que nous sommes confrontés à une contre-société à la fois parasitaire et prédatrice qui considère la France comme une proie. Après Merah, après Charlie et l’Hyper Casher, après Samuel Paty, après Mila, après les affrontements inter-ethniques de Dijon et la marche de la honte du 10 novembre, après que l’UE a proclamé que « la liberté est dans le hijab », après qu’un ministre de l’Intérieur a voulu s’agenouiller devant les Traoré, après que le gouvernement a choisi de mettre en avant la Grande Mosquée de Paris alors que celle-ci fait réciter à des enfants qu’il est bon d’imposer l’islam par la force et qu’il est licite de « faire couler le sang » des apostats, il n’est pas question de chercher des boucs émissaires, mais d’avoir l’honnêteté de dire que nous sommes méthodiquement attaqués, et par qui nous le sommes.

Paradoxe et espoir : c’est justement en acceptant l’éventualité de l’affrontement et en nous y préprant que nous aurons une chance d’éviter l’escalade. Aujourd’hui, c’est notre manque de combativité qui rend l’ennemi toujours plus avide, toujours plus arrogant, toujours plus brutal. Continuer à tenter d’acheter la paix, c’est livrer les plus fragiles d’entre nous, en particulier ceux qui n’ont pas les moyens de fuir les « territoires perdus », à l’extrême violence des islamistes et des racailles. Prouver notre détermination, en revanche, c’est briser enfin le cercle vicieux de la soumission. Si tu veux la paix, prépare la guerre.

Oui, Éric Zemmour « exalte l’affrontement comme une preuve de lucidité face au danger. » Churchill ne faisait pas autre chose, quand il disait « nous combattrons ! » Refuser une paix munichoise. Combattre, plutôt que subir. Combattre, plutôt que se soumettre. Non pas comme « les racialistes et l’extrême gauche pour qui tous les liens humains se résument à une question de domination », mais parce que la seule façon de permettre aux rapports humains d’être autre chose qu’une question de domination, est que ceux qui veulent que cet autre chose s’épanouisse acceptent de se battre pour défendre un espace – géographique et politique – dans lequel cet épanouissement est possible. Parfois, la seule solution pour permettre une paix qui ne consiste pas à livrer le pays au pillage et à l’asservissement, c’est de gagner la guerre.

Zemmour est un Churchill qui propose à la Rose Blanche et à Von Stauffenberg de s’engager dans l’armée anglaise. Car contrairement aux racialistes et à l’extrême-gauche, il n’est pas sectaire. Il combat le « progressisme » gauchiste, mais discute volontiers avec les bonnes volontés de gauche. Il combat l’islamisme et l’islamisation, mais tend la main aux musulmans à qui il offre de saisir la chance de l’assimilation, c’est-à-dire d’embrasser la culture française en faisant de l’islam une foi intime, et non plus une contre-société. Car dans sa vision il y a « eux » et « nous », certes, mais il y a surtout l’assimilation, à la fois invitation et exigence. A chacun d’entre « eux » Éric Zemmour propose de faire partie de « nous » : non pas un « nous » simplement administratif, non pas un « nous » de McDonald’s multiculturaliste « venez comme vous êtes », non pas le « nous » de l’assemblée des colocataires d’un territoire sans âme, mais le « nous » d’un peuple souverain, un peuple de citoyens libres et attachés à leur civilisation, à leur culture, à leur identité. L’assimilation à une nation qui ne baisse pas les yeux, et à laquelle il ne sera plus honteux de vouloir s’assimiler, parce qu’elle aura enfin cessé d’avoir honte d’elle-même.

Oui, Éric Zemmour préfère parler de la France plutôt que de la République. Marc Bloch faisait de même en associant le sacre de Reims et la fête de la Fédération, André Malraux faisait de même en évoquant « les routes où les tombes des chevaliers français voisinent avec celles des soldats de l’an II », ils voyaient la République comme un aspect de la France, et non la France comme un simple support pour la République. Zemmour a une vision lyrique de notre patrie ? C’est vrai, comme c’était vrai d’André Malraux et de Marc Bloch, et ce lyrisme vaut bien mieux que le cynisme blasé que trop de gens confondent avec la lucidité.

« Alors que la thématique du meeting d’ Éric Zemmour à Lille est le pouvoir d’achat, les questions économiques et sociales ne sont là qu’en guise de figuration. » écrit Céline Pina. Elle se trompe en partie, puisqu’il fut quand même question de mesures économiques majeures, mais elle a raison au sens où elle a clairement identifié l’essentiel.

Le projet d’Éric Zemmour n’est pas avant tout économique et social, il est de restaurer les conditions qui permettront au peuple français de décider d’un projet économique et social. De même, son opposition à l’immigration n’est pas motivée avant tout par des considérations économiques, mais par la volonté de préserver nos principes les plus précieux au lieu d’encourager l’implantation sur notre sol de cultures obscurantistes, sexistes, homophobes, antisémites, tribales, où le refus de la liberté de conscience, de la liberté de pensée et de la liberté d’expression est la norme (et on parle bien ici des cultures, non des individus qui sont évidemment libres de s’en émanciper pour s’assimiler – mais en quelle proportion le font-ils vraiment ?)

Le projet d’Éric Zemmour est éminemment politique, et c’est celui de Clemenceau :

« Rien d’autre ne m’est permis que le désir ardent d’aider, dans la mesure de mes forces, mon pays à sortir de la situation où il se trouve. Croyez-vous que ce soit pour le plaisir de subir vos malédictions, vos injures et vos outrages, écrits ou parlés, que je suis à cette tribune en ce moment ? Si vous le croyez, je vous plains, je ne suis pas cet homme.

« Le vainqueur c’est celui qui peut, un quart d’heure de plus que l’adversaire, croire qu’il n’est pas vaincu. » Voilà ma maxime de gouvernement. Je n’en ai pas d’autre.

Moi aussi, j’ai le désir de la paix le plus tôt possible et tout le monde la désire. Il serait un grand criminel celui qui aurait une autre pensée, mais il faut savoir ce qu’on veut. Ce n’est pas en bêlant la paix qu’on fait taire le militarisme prussien (ni, ajouterons-nous aujourd’hui, les ambitions islamistes).

Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c’est tout un. Politique intérieure, je fais la guerre ; politique étrangère, je fais la guerre. (….) et je continuerai jusqu’au dernier quart d’heure, car c’est nous qui aurons le dernier quart d’heure. »

Auteur

Aurélien MARQChroniqueur

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