Coralie Dubost ou la quintessence de la tartufferie macronienne

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La députée Coralie Dubost vient de subir une campagne médiatique très désagréable sur ses frais de représentation. C’est Mediapart qui l’a ciblée, et qui ne l’a pas manquée. L’Elysée semble avoir rapidement réagi à l’encontre d’une élue qui est aussi un emblème de la macronie. Et, de fait, dans cette histoire, Coralie Dubost concentre sur elle tous les défauts du macronisme qui exaspèrent les Français et suscitent un rejet massif du Président de la République : goûts bling-bling, tartufferie permanente, défaussement sur des lampistes, culture de l’humiliation, cupidité et arrivisme, remplacement des idées par une communication servile. 

Coralie Dubost vient de connaître un moment très désagréable : celui où Mediapart vous expose à la vindicte populaire en publiant vos états de frais. Si on lit entre les lignes de cette affaire, on comprend rapidement que l’essentiel a été balancé par des collaborateurs parlementaires mal traités par la députée. Mais c’est une supputation bien entendu.  

Dans la pratique, je ne souhaite à personne de traverser ce moment désagréable où le lien qui vous attache au pilori est si solide que vous ne pouvez éviter l’opprobre (c’est ce genre de moment où l’on compte ses vrais amis, et à en juger par la rapidité avec laquelle Coralie Dubost a annoncé son retrait de la vie publique, on peut penser qu’elle n’en a vraiment pas beaucoup). 

En même temps, comme qui dirait, peut-on vraiment la plaindre ?

L’arrivisme typique de la macronie

Selon sa notice biographique Wikipedia, Coralie Dubost a désormais 39 ans. Elle est entrée en macronisme en 2015, à 32 ans, donc, à l’occasion de l’université des Gracques, le think-tank le plus dogmatique de la caste mondialiste. 

Dix-huit mois plus tard, cette chargée de mission d’une association proche du service public devenait candidate aux législatives. Voilà le genre d’ascension qui a forgé la macronie : une jeune diplômée sans passé militant, professionnellement un peu perdue, qui présente bien et qui a les dents longues. 

On a trop longtemps sous-estimé la stratégie présidentielle, qui a consisté à parier sur une “bande d’amateurs” pour tenir le pouvoir. Grâce à leur absence totale d’implantation locale, ces jeunes pousses devaient tout au chef, et ça, pour un Macron qui a connu les frondeurs sous Hollande, c’était sans égale pour maintenir le silence dans le rang. 

Sans surprise, la greffe Dubost n’a pas pris à Montpellier, où Mélenchon a fait 40% au premier tour des présidentielles. Cette contre-performance a dû achever de convaincre la députée macroniste sortante de se retirer de la vie politique après avoir été épinglée par Mediapart. 

Mais combien seront-ils, dans la macronie, à subir le même sort ? On se rappelle Brune Poirson, notamment, qui a connu une trajectoire proche. Le macronisme a reposé sur des météorites. 

Bling-bling et compagnie

Dans ce parcours stellaire, Coralie Dubost n’a pas chômé. Donnée un temps compagne d’Olivier Véran, ministre de la Santé, l’idylle ne semble pas avoir duré. Véran a cédé la place à une personnalité dont nous ignorons le nom, mais qui a donné lieu à un fait divers bling-bling : 

La députée LaREM Coralie Dubost et son compagnon ont été agressés dans la soirée de mardi à mercredi, dans le 7e arrondissement de Paris, a appris BFMTV de source proche de l’enquête.

Tous les deux se sont faits voler des effets personnels par plusieurs individus en sortant d’un restaurant. Les malfaiteurs, qui s’en sont pris physiquement au couple, sont repartis avec une montre de luxe, de la marque Rolex, d’une valeur de 12.000 euros. Ils ont également dérobé un sac contenant un badge de l’Assemblée nationale et 2000 euros en espèces.

Restaurant dans le 7è arrondissement, 2.000 euros en espèce, Rolex à 12.000 euros au poignet. L’histoire ne dit pas quel objet appartenait à qui, mais on mesure le parcours suivi par cette cadre moyenne projetée brutalement par le macronisme dans les beaux quartiers parisiens où l’on exhibe sa Rolex à ses risques et périls…

Les amateurs du genre auront noté les accusations pour ainsi dire mesquines, au vu de ce mode de vie hyper-bourgeois, sur ses notes de frais : 500€ de lingerie, 200€ pour un repas dans un restaurant de luxe à Palavas… Nous sommes loin du train de vie du Gros-Caillou. 

Ce qui est sûr, c’est que Coralie a bu le sirop du pouvoir, et qu’elle donne le sentiment de n’avoir pas échappé à l’ivresse des sommets. 

Le triomphe des Tartuffe

Qu’au fond une génération d’aventuriers en souliers de satin soit parvenue à se hisser là où elle est aujourd’hui, au besoin en utilisant l’argent public pour s’acheter des petites culottes en dentelle et se payer des restaurants cinq étoiles ne serait pas choquant si le procédé était assumé avec franchise et clairvoyance. 

Notre problème, avec la macronie et les macronistes, c’est que prévarication rime avec prédication, et même parfois constipation morale. 

Prenons l’exemple de Coralie Dubost. C’est elle qui s’inquiétait que les dirigeants de la France Insoumise paient des amendes avec des fonds publics :

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Durant son mandat de députée, Coralie Dubost a aussi eu la bonne idée de s’occuper de l’Etat de droit en Europe, dénonçant, comme l’a rappelé François Asselineau, les entraves à la lutte contre la corruption en Roumanie :

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C’est bien cela qui nous gêne dans la macronie (et nous avons la faiblesse de croire que Coralie n’est que l’une des adeptes d’un système quasiment institutionnalisé dans la caste) : d’un côté, on pioche dans la caisse, avec 3.000€ de vêtements chaque mois, semble-t-il (chiffre qui nous semble excessif, mais supposons), et d’un autre, on donne des leçons de puritanisme financier et de probité publique à la terre entière. 

Ce qui compte, ce n’est pas le comportement, mais ce qu’on en dit, ou ce que l’on fait apparaître. On retrouve ici le goût du théâtre propre à Macron lui-même, poussé au-delà de ce qui a été pratiqué jusqu’ici dans la caste. 

Mépriser le petit personnel

Si l’opinion publique est focalisée sur les questions d’argent et de prévarication, le fonds du dossier Dubost semble d’une autre nature. Il procède d’abord de comportements managériaux inappropriés. 

Si les récits donnés par la presse sont justes, tout est parti de là :

C’est d’abord un signalement de cinq anciens collaborateurs (sur les quinze qui ont travaillé auprès d’elle durant son mandat) au printemps 2021, auprès de la cellule antiharcèlement de l’Assemblée nationale, qui a fait que le déontologue s’est saisi de ce dossier. D’après ses salariés et leurs propos retranscrits dans le rapport transmis au déontologue, Mme Dubost leur aurait demandé de « surveiller [son] personnel de maison » ou encore d’« effectuer des tâches domestiques [à son] domicile », ce que la députée a nié.

Ach ! on est toujours trahi par les meilleurs ! 

Une chose est sûre, Coralie Dubost ne semble pas être adulée par ses collaborateurs (et c’est bien réciproque, nous y venons), qu’elle ne semble pas avoir traité en parfaite conformité avec le droit du travail. 

Et là encore, on reconnaît un trait caractéristique de la macronie : fort avec les faibles et faible avec les forts. C’est la morale des parvenus. On peut tout se permettre avec des gens “socialement inférieurs”, car ils sont là pour obéir. 

Sans surprise, l’ordre social est à l’oeuvre, quasiment instinctif chez ces “amateurs” qui ont révélé, en cinq ans, toute la toxicité de la réaction élitaire et du mépris bourgeois. 

Se défausser sur les lampistes

Il fut un temps où l’éthique commandait d’assumer ses faits et gestes quand on était en responsabilité, sans se défausser sur ses collaborateurs. Cet art d’être soi faisait partie d’un code implicite, celui de la noblesse du commandement. 

Dans la macronie, le code est différent. Tout ce qui marche, c’est grâce au chef, tout ce qui foire, c’est à cause des collaborateurs. 

Coralie Dubost n’a pas dit autre chose : selon elle, c’est son principal collaborateur qui est la cause de la prévarication, car il l’a mal conseillée…

Elle a également accusé son collaborateur de l’époque d’être responsable de cette situation. « Il m’a mal conseillée, j’ai été stupide (…), je ne suis pas une tricheuse », s’est-elle défendue.

Voilà donc une députée élue dans le sillage d’un candidat qui promettait une République exemplaire (même le Nouvel Obs, très macroniste pourtant, en ricane) qui prétend ne rien savoir des règles de probité applicables aux députés, règles adoptées dès le début de son mandat… mais que son collaborateur parlementaire lui aurait caché. La classe !

Et l’on revient à l’accusation de complotisme

Comme toujours dans la macronie, toute mise en cause du pouvoir suppose la dénonciation d’un complot de complotiste. 

Coralie Dubost n’a pas échappé à la règle. Il suffit de lire le communiqué qu’elle commet pour justifier son retrait de la vie politique :

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Elle serait donc visée par “une cabale antiparlementaire” qui menace la démocratie. On n’est pas loin d’entendre la petite musique traditionnelle de la fachosphère et de l’extrême-droite qui veut instaurer le fascisme. 

Eh bien oui, c’est cela la macronie : toute interrogation sur le comportement de ses membres expose aux foudres dogmatiques du procès en complotisme, en haine de la démocratie, dans un pathétique numéro de Calliméro. 

Comment le narratif travestit la réalité

Bref, voilà une députée qui a tout lieu de penser qu’elle ne sera pas réélue par ses concitoyens, et qui profite d’une mise en épingle de ses errements pour justifier son retrait de la vie politique en jouant aux victimes. 

Coralie Dubost appartient à ce monde d’enfants gâtés, à qui tout est dû sans aucun reproche, sans aucune limite possible. C’est ce monde-là qui a fait la macronie, et c’est ce monde-là qui nous soumet à sa tyrannie. 

Ne jamais l’oublier. 

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