Pourquoi le public boude le cinéma (français)

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ÉDITO. Les films hexagonaux sont particulièrement touchés par la baisse de la fréquentation des salles. Nos cinéastes semblent avoir perdu la potion magique.

Des sieges vides dans les salles de cinema.
Des sièges vides dans les salles de cinéma.© Jean-François FREY / MAXPPP /PHOTOPQR/L’ALSACE/MAXPPP

Par Sébastien Le Fol. LE POINT

Publié le 04/07/2022 à 18h00 – Modifié le 04/07/2022 à 18h17

On célèbre ces jours-ci la Fête du cinéma. Le premier jour, le public était au rendez-vous : 8 % de spectateurs de plus qu’en moyenne lors des trois dernières années comparables (2017-2018-2019). Mais depuis le début de l’année, la fréquentation des salles a baissé de 30 % par rapport à 2019. On égrène les causes de cette désaffection : Covid, concurrence des plateformes et des séries, prix des places… Ajoutons-y la flemme grandissante, ce mal de l’époque : quitter son canapé, sortir de chez soi nécessite un effort. Les exploitants devraient peut-être équiper les spectateurs de télécommandes. Et encore…

Le cinéma hexagonal subit de plein fouet cette désertion. Contrairement à Tom Cruise dans le nouveauTop Gun, il ne décolle plus. Sur les douze derniers mois, les neuf films en tête du box-office sont américains.

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Il n’y a pas que les recettes dans la vie. Et la qualité, bordel ? « Quand on va voir un film français, on sait que ça va être nul », se plaint un spectateur interrogé ce week-end dans Le Parisienqui consacre un dossier à ce sujet.

Où sont les scénaristes ?

On sait que l’autodénigrement est, chez nous, un sport national. Mais ce constat n’est pas infondé. Nous ne manquons pas de bons réalisateurs (Arnaud DesplechinValeria Bruni-TedeschiXavier Giannoli, Cédric Jimenez, Romain Gavras….). Mais où sont les scénaristes pour ficeler des histoires roboratives ? Un peu plus d’esprits fantaisistes ne nuiraient pas au casting. Pour plomber l’ambiance, notre cinéma n’a pas son pareil. D’ailleurs, les rares films à surnager sont des comédies.

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Un peu naïvement aux yeux des arbitres des élégances esthétiques, un certain nombre de Français continuent à aller au cinéma pour rêver, rire, être surpris, charmés ou même émerveillés. La « grande famille » du cinéma s’inquiète à raison. Mais elle refuse de se remettre en question. Elle campe sur ses positions. Et son système de financement n’incite pas vraiment à prendre des risques. Il lui serait pourtant profitable de sortir de son entre-soi.

À LIRE AUSSIÉric Neuhoff : « Il y a trop de films français »

« Il y a trop de films français ! » prétend le critique du Figaro et du Masque et la plume Éric Neuhoff dans un pamphlet paru en 2019 : (Très) cher cinéma français. « Il faut se concentrer sur les gens pour qui faire du cinéma est une nécessité, écrit-il. Ce qui me désole, c’est de voir que ces gens tournent des films comme ils feraient des études dentaires. » Ce n’est pas très aimable pour les dentistes. Mais la question est posée : ne vaudrait-il pas produire moins pour produire mieux ?

Alors, c’était mieux avant, le cinéma français ? On résiste de toutes nos forces à cette rengaine réac. Mais force est de constater que, parfois (souvent ?), on se demande ce que l’on fait dans les salles obscures. Et ce n’est pas le Covid que l’on redoute, mais ce qui se passe à l’écran.

SOS avant le naufrage : nous demandons d’urgence des cinéastes pour rallumer la lumière du 7e art.

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