MEMORABILIA

«Quand les publications scientifiques véhiculent de fausses informations» Didier Raoult.

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 EXCLUSIF – Dans une tribune au Figaro, le médecin* répond aux études publiées dans des revues scientifiques qui concluent que la chloroquine ou ses dérivés seraient inefficaces contre le Covid-19, voire nuisibles.

Par DIDIER RAOULT
Le Figaro
29 mai 2020.
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L’information scientifique ou thérapeutique est devenue un enjeu financier tellement extraordinaire que ceci peut être soumis à des manipulations hors du commun. Les informations concernant la possibilité d’utiliser ou non le médicament qui voudrait trouver sa place pour le Covid (le Remdesivir de Gilead) entraînent des fluctuations du cours de Gilead qui porte sur plusieurs milliards de dollars après chaque annonce scientifique ou d’autorité. Par ailleurs, le marché de l’édition scientifique est considérable et génère des bénéfices extrêmes de l’ordre de 35%. Et il a d’ailleurs un capital qui est construit en partie avec les mêmes gestionnaires de fonds américains que Gilead.

 

Au-delà de ces intérêts financiers qui sont colossaux et dépassent ce que j’avais connu jusque-là, se mêlent des intérêts politiques. Depuis que Donald Trump a décidé de recommander l’hydroxychloroquine (je n’ai jamais eu de contact avec Donald Trump ni avec Bolsonaro), la guerre anti-Trump a déclenché une guerre anti-chloroquine.

Ceci amène, comme dans les situations de guerre, à prendre les informations et les communiqués avec la plus grande prudence, car la réalité scientifique et médicale passe au deuxième plan.

Le « Lancet  » a publié une étude aux résultats effarants pour qui a réellement vu et traité des malades 

Quelques éléments récents sont extrêmement troublants. Le Lancet a publié une étude, que peu de scientifiques croient, utilisant des données de pays (l’Australie) qui nient leur participation à cette étude qui ne donne ni source ni capacité d’utilisation. Elle donne des résultats qui sont effarants pour n’importe qui a réellement vu et traité des malades. Il s’agit d’auteurs qui n’ont aucune spécialisation dans le domaine ni épidémiologique, ni en maladies infectieuses, ni en virologie, mais qui dirigent une start-up dont l’objectif est d’analyser les big data. Ils ont aussi publié un article douteux dans le New England Journal of Medecine prétendant connaître l’ethnicité de patients français, ce qui est impossible car illégal.

 

Deux papiers publiés dans le British Médical Journal ont délibérément dissimulé des données. Un de ces papiers mettait deux analyses, montrant que l’hydroxychloroquine avait un effet favorable sur l’évolution de la maladie et sur les marqueurs biologiques, qui ont été enlevées dans la version définitive (et nous avons les deux versions). Par ailleurs, il a [été] publié une étude française où l’association Azithromycine plus hydroxychloroquine, qui donnait des résultats significativement supérieurs à tous les autres protocoles, n’a pas été analysée. Le résultat était à la portée de tous et montrait une différence significative.

Nous sommes dans une époque de guerre politique et industrielle qui amène à être extrêmement prudent dans l’analyse des données des journaux qui ont fait pendant un temps la gloire de la médecine 

Enfin le New England Journal qui était le meilleur de tous les journaux a publié trois séries de papiers sur le Remdesivir qui ressemble plus à de la publicité qu’à de l’information scientifique, y compris en dissimulant les vrais dangers du Remdesivir qui sont les insuffisances rénales en les groupant avec d’autres effets secondaires (qui comportent la constipation et la nausée!) de façon à ne pas analyser individuellement les vrais risques.

Nous sommes dans une époque de guerre politique et industrielle qui amène à être extrêmement prudent dans l’analyse des données des journaux qui ont fait pendant un temps la gloire de la médecine et qui malheureusement à cette occasion perdent, aux yeux d’une grande partie de la communauté scientifique qui a les capacités de l’analyser, la crédibilité qu’ils avaient mis des décennies a acquérir.

* Directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection à Marseille.

» VOIR AUSSI – Chloroquine: quand les politiques défendaient le traitement du Pr Raoult

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