MEMORABILIA

César 2021 : la cérémonie la plus calamiteuse de l’histoire ?

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LE FIGARO. 13 mars 2021.

DÉCRYPTAGE – Entre tribunes politiques tous azimuts et blagues douteuses, la 46e édition de la prestigieuse cérémonie a oublié l’essentiel, de parler de cinéma.Par Eric NeuhoffPublié il y a 11 heures, mis à jour il y a 59 minutes

La pire ? Il n’est pas impossible qu’on ait assisté à la soirée la plus calamiteuse depuis la création des César. Le record était pourtant difficile à battre, surtout après le fiasco de l’année dernière. Il aurait fallu marcher sur des œufs. Ça n’était pas le genre de la maison. Il y eut une allusion à George Floyd. C’était inattendu. On entendit les mots bite, couilles, caca, merde, putain. C’était rafraîchissant.

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Deux intermittents venaient de l’Odéon occupé pour lire leur texte qu’ils ânonnaient. Quelqu’un, venu pour décerner le meilleur documentaire, parla de la loi de sécurité globale. Une dame se mit toute nue : elle portait des tampons hygiéniques en guise de boucle d’oreille. Il s’agissait par là de protester contre le régime de l’assurance-chômage. On demanda à Nathalie Baye si elle était «une mère de…». Le professeur Jeanne Balibar délivra son message politique en Chanel. Elle calcula que les rôles pour les femmes de plus de quarante ans étaient trop rares. Ces gens ont le don de tirer la couverture à eux.

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Ils étaient là pour récompenser les autres et ne pouvaient s’empêcher de ramener la conversation sur leur cas personnel. Marina Foïs en robe à paillettes rappela qu’elle avait eu seize nominations et zéro récompense. Comment ce petit monde se débrouille-t-il pour se rendre aussi antipathique ? Le réalisateur ne montrait pas la ministre de la Culture, mais les piques sur Roselyne Bachelot furent nombreuses. Jean-Pascal Zadi cita Frantz Fanon et Adama Traoré. Il aurait dû être question de cinéma, d’invention, de larmes et de fous rires. Ce fut une litanie de lieux communs, de clichés bien-pensants. Les textes étaient d’une faiblesse insigne. À propos du court-métrage, la maîtresse de cérémonie lança plusieurs fois «Est-ce que la taille ça compte ?» Elle enchaîna avec «N’oublions pas que sans la lumière la coloscopie ne serait qu’un trou noir» et se permit un «J’appelle Xavier Dupont de Ligonès». Mamma mia !

Heureusement, Benjamin Biolay était au piano. Souchon chanta Quand je serai KO et Catherine Ringer Je reviens te chercher. Fanny Ardant osa dire du bien des hommes. Sami Bouajila l’embrassa. Huppert était très chic en noir. Vincent Dedienne fit une blague sur Hitler. Le Splendid au complet se retrouva devant le micro. Louis Garrel salua Jean-Claude Carrière en évoquant son plat préféré, la brouillasse aux asperges sauvages. Adieu les cons rafla toutes les médailles. Emmanuel Mouret repartit quasiment bredouille. Des extraits de films rendirent hommage à Michel Piccoli et à Jean-Loup Dabadie.

L’envie était grande de paraphraser la célèbre colère de Vincent, François, Paul et les autres et de lancer : «Je vous emmerde tous, avec votre vendredi et vos César à la con !»

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