MEMORABILIA

Ivan Rioufol: «Pourquoi ils veulent faire taire Éric Zemmour»

Scroll down to content

Par Ivan Rioufol. 23 septembre 2021. LE FIGARO

Ivan Rioufol. François BOUCHON/Le Figaro

CHRONIQUE – La haine qu’il suscite de la part des pensionnaires du théâtre politico-médiatique est indigne d’une pratique démocratique.

Faire taire Éric Zemmour: telle est l’obsession des pensionnaires du théâtre politico-médiatique. Cela fait quarante ans et plus que ces comédiens récitent leurs tirades, devant un public qui les fuit. Pour ces vieux acteurs, il n’est pas question de laisser un perturbateur raconter ce qu’ils s’évertuent à taire: le choc des civilisations, le changement de peuple, l’islam conquérant, la passivité des élites, l’endormissement des foules, etc. Ces faits crèvent les yeux. Cependant, ces réalités n’existent pas pour les falsificateurs. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, qualifie Zemmour de «profiteur de détresse». Pour Christophe Castaner, chef des députés LREM, «il abaisse le débat dans ce qu’il y a de pire». Le JDD décrit le journaliste et écrivain comme un «extrémiste» «au bord du précipice». Le Monde se bouche le nez. Une humoriste de France Inter l’a grimé en Hitler. La guillotine médiatique a été réinstallée en place publique.

À LIRE AUSSIL’équipe d’Éric Zemmour veut s’inviter à la primaire de la droite

Il faut ici féliciter Jean-Luc Mélenchon qui, dans ce contexte, a accepté de se confronter au diable «néopétainiste» (dixit Edwy Plenel), jeudi soir sur BFMTV. Cependant, ce n’est pas un combat de boxe qu’attendent les Français. La tournure que prennent les débats s’apparente à des rixes de rues. Tous les coups sont permis pour tenter de mettre l’adversaire à genoux. Il ne s’agit pas d’écouter le contradicteur mais de le délégitimer. La haine que suscite Zemmour de la part des faussaires démasqués est indigne d’une pratique démocratique. Qui veut mesurer le poids de la pensée obligée est invité à compter les coups bas qui vont tomber sur lui depuis qu’il est entré dans l’arène. Les attaques vont être d’autant plus féroces que c’est un monde affolé, construit sur des mensonges éventés, qui défend sa survie. Zemmour, fort de sa sincérité, tiendra contre la meute.Les premiers ennemis de la démocratie et de la république sont ceux qui, dans des médias et jusqu’au plus haut sommet de l’État, s’entêtent à caricaturer les expressions réalistes sur l’état de la nation

La France ne peut plus vivre sous la terreur des coupeurs de têtes et des censeurs. La campagne présidentielle offre l’aubaine d’une libération des esprits. La société est en attente de porte-voix qui expriment son angoisse existentielle: elle étreint ceux qui voient le pays sombrer. Dans cette optique, Zemmour se comporte déjà en utile aiguillon. La première victoire à sa portée pourrait être de contribuer à abattre le mur du politiquement correct et ses dénis. «La langue de bois qui stérilise la pensée est, pour partie, l’héritière de la domination idéologique du Parti communiste français après 1945», remarque avec justesse l’historien Georges Bensoussan (1). Lui-même a eu à subir judiciairement (avant d’être blanchi) la machinerie totalitaire actionnée par ceux qui ne voulaient pas l’entendre dénoncer l’antisémitisme musulman et la survenue d’ «un peuple dans le peuple».

À LIRE AUSSIGuillaume Tabard: «Leçons politiques et médiatiques d’un phénomène Zemmour»

La clairvoyance ne doit plus être un crime, promis au rejet dans la «fachosphère». Les premiers ennemis de la démocratie et de la république sont ceux qui, dans des médias et jusqu’au plus haut sommet de l’État, s’entêtent à caricaturer les expressions réalistes sur l’état de la nation. La police de la pensée excelle à verbaliser les témoins lucides. Or ce flicage perpétue un sectarisme qui n’encourage que des vocations de dénonciateurs. Le politiquement correct, qui veut interdire la description de la mutation civilisationnelle que subit le pays, est d’autant plus insupportable qu’il s’indiffère des conditions de vie des plus précaires. Le grand remplacement n’est admis par le Système que pour s’en féliciter. En revanche, l’enracinement est vu comme un rejet de l’Autre et un racisme déguisé. Qu’attendent les intellectuels pour sortir de leur torpeur et dénoncer ces absurdités?

Demander pardon

Il y a de quoi désespérer devant le naufrage français, qui fait du choc des idées un sport de combat et de la désinformation une norme. Quatre jours avant de se donner la mort, lundi à Paris, à la veille de son 80e anniversaire, mon ami Roland Jaccard, écrivain et admirateur de Cioran, avait écrit sur son blog: «(…) Pour ma part, j’ai bien peur que l’heure de fermeture ait définitivement sonné dans les jardins de l’Occident.» Ce pessimisme, qui a fait prendre à Jaccard les devants, est partagé par beaucoup. Il n’est pas le mien, mais il invite à redoubler d’énergie pour tenter de sauver la France de son déclin.

Ce sont les idéologues de la diversité, de la déconstruction et de l’antiracisme qui ont mis la nation dans cet état désespérant. Ce sont eux qui ont des comptes à rendre, tandis qu’ils persistent à imposer leurs dogmes. Lundi, Emmanuel Macron a «demandé pardon» aux «combattants harkis abandonnés, à leurs familles qui ont subi les camps, la prison, le déni». Il n’a d’ailleurs pas osé rappeler la responsabilité du FLN algérien dans le massacre de beaucoup d’entre eux, après les accords d’Evian de 1962. Mais qui osera, au nom de l’État, demander pardon aux Français maltraités par la domination d’«élites» aux pensées tordues et démoralisantes?

À VOIR AUSSI – Harkis: Emmanuel Macron «demande pardon» et annonce une loi «de reconnaissance et de réparation»Play Video

Harkis: Emmanuel Macron «demande pardon» et annonce une loi «de reconnaissance et de réparation» – Regarder sur Figaro Live

Le combat contre les idéologies totalitaires, qui gangrènent la France depuis l’après-guerre, n’est pas gagné pour autant. Le nouvel attrait de l’extrême gauche pour le «wokisme», sorte d’indignation permanente importée des universités américaines, annonce une nouvelle vague régressive. Elle est portée par les écologistes d’EELV qui viennent d’accorder une partie de leurs suffrages, au premier tour de leur primaire, à l’écoféministe Sandrine Rousseau (25,14 %) contre Yannick Jadot (27,7 %). C’est au cœur de cette formation radicale que s’épanouit, loin de l’écologie, la dialectique faisant de l’homme blanc occidental le prédateur de la femme et de la nature. C’est en son sein que s’élaborent les luttes pour les minorités et pour les droits des personnes «trans et intersexes». Or cette nouvelle approche conflictuelle de la société libérale occidentale trouve un écho dans la jeunesse. Un sondage Ifop (L’Opinion du 16 septembre) fait ressortir que les 18-24 ans voient la France comme islamophobe (61 %), patriarcale (59 %), adepte du privilège blanc (41 %). Briser cette propagande éducative qui embrigade la jeunesse est l’autre urgence pour sauver la France.

«Faire marrer»

Et ceci: la mairie socialiste de Rouen, qui a déboulonné la statue de Napoléon pour y mettre ultérieurement celle de Gisèle Halimi, l’a remplacée provisoirement par une farce représentant l’Empereur, en bicorne et jogging, transformé en livreur de pizza. «Je voulais faire marrer», explique l’«artiste». La bêtise ne décline pas.

(1) Un exil français – Un historien face à la justice, L’Artilleur

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :