L’éditorial du Figaro Magazine : «Vive l’Empereur!»

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Par Guillame Roquette 17 décembre 2021

Guillaume Roquette. Le Figaro

Comme disait Napoléon: quand on veut on peut, quand on peut, on doit.

On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Désavoué par les habitants de la ville qu’il avait consultés par référendum, le maire socialiste de Rouen va finalement reboulonner la statue de Napoléon(fondue avec le bronze de canons ennemis saisis à Austerlitz!) sur la place de son hôtel de ville. Et tant pis pour Gisèle Halimi dont l’édile rêvait de contempler l’effigie en lieu et place de celle de l’Empereur.

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À défaut d’aligner des candidats crédibles à l’élection présidentielle, les gauches françaises ont pris goût à la déconstruction culturelle. À Paris, Anne Hidalgo a escamoté la statue de Voltaire (jugé islamophobe) et la plaque commémorant l’exécution de Louis XVI place de la Concorde, dont il est vrai qu’elle n’était pas rédigée en écriture inclusive. De leur côté, les édiles écologistes traquent avec un même enthousiasme le foie gras et le Tour de France, la chasse et les sapins de Noël.

Le meilleur moyen de stopper cette culture de l’effacement, qui veut faire disparaître non seulement notre histoire mais notre identité, est de mettre ses propagateurs en minorité, comme à Rouen. À en juger par la modestie des intentions de vote pour Yannick Jadot ou la maire de Paris, c’est aussi en bonne voie pour 2022. Mais le combat ne se limite pas aux urnes, car la déconstruction est partout à l’offensive. On la retrouve dans les dictionnaires et les programmes de télévision, les manuels scolaires et les musées (et même à Notre-Dame de Paris, où l’évêché veut installer des bancs à roulettes équipés de lumignons et transformer des chapelles latérales en salles de projection vidéo).

Apathie de la majorité silencieuse

Comment des minorités agissantes parviennent-elles si souvent à imposer leurs desiderata? D’abord grâce à l’absence de réaction des gens normaux, tétanisés à l’idée de passer pour des ennemis du progrès. «On ne saura jamais tout ce que la peur de ne pas paraître assez avancé aura fait commettre de lâchetés à nos Français», écrivait Péguy. Et puis, il y a la culpabilisation. Si vous admirez Napoléon, c’est que vous êtes raciste (il avait rétabli l’esclavage). Si vous aimez les films de Polanski, vous êtes complice des violeurs. Si vous appréciez le foie gras et la chasse, vous n’aimez pas les animaux, etc.

Répétons-le, ces activistes sont d’abord forts de l’apathie de la majorité silencieuse. Pourtant, tout le monde peut s’exprimer sur les réseaux sociaux, signer des pétitions sur internet, écrire son opposition sur les sites des médias… Il faut juste un peu de volonté. Regardez les habitants du 12e arrondissement de Paris: samedi dernier, face au refus de la municipalité écolo d’installer le traditionnel sapin de Noël, ils en ont dressé un eux-mêmes, magnifiquement décoré, devant leur mairie, après avoir lancé une cagnotte pour le financer. Honneur à eux. Comme disait Napoléon (encore lui): quand on veut on peut, quand on peut, on doit.La rédaction vous conseille

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