«Vive la Russie quand même!»

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11 mars 2022 

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Par Jean-Christophe Buisson LE FIGARO

11 mars 2022

CHRONIQUEPuisque des idiots en appellent au boycott de la culture russe, il devient urgent de la célébrer.

Quelle connerie la guerre. Surtout quand elle pousse à des stupidités comme s’interroger sur l’opportunité de «continuer à diffuser les artistes russes, jouer leur musique ou exposer leurs œuvres au nom de l’universalité de la culture», comme l’a fait un quotidien du soir. L’université Bicocca de Milan est allée encore plus loin en bannissant Dostoïevski des cours de littérature «pour éviter toute forme de polémique» (sic). Mais le Festival de Cannes, qui veut interdire tout film russe dans sa prochaine édition, fait-il mieux? Et Radio France, qui retire aux musiciens russes le droit de participer à un Concert pour l’Ukraine et la paix? Et la Philharmonie de Strasbourg qui bannit les mots «russe» et «Moscou» de ses programmes où sont joués Prokofiev, Stravinsky et Rachmaninov? Même les plus grands résistants de 1939-1945 n’ont jamais envisagé de cesser de lire Goethe ni d’écouter Wagner, pourtant le compositeur préféré de Hitler. Au contraire! Le Führer incarnait justement selon eux l’exact contraire de l’Allemagne éternelle…

Nous ne prétendons pas que l’ancien kagébiste qui dirige la Russie est l’exact contraire de la Russie éternelle, mais nous avons une certitude: aimer la Russie, sa culture, ses artistes, ses écrivains, ses blagues, sa gastronomie, ses trains et ses habitants ne fait pas de vous un suppôt du poutinisme. Mais si les arbitres des élégances morales veulent le croire, nous acceptons par avance l’infamante étiquette. Comme disent les sages paysans de l’Oural: «Qui jette des orties chez son voisin les verra pousser dans son jardin.»

En attendant, lisons ou relisons devant témoins Guerre et PaixAnna Karénine, Les Démons, Docteur Jivago, Le Nez, Crime et châtiment, Les Âmes mortes, Vie et destin, Le Maître et Marguerite, La Fille du capitaine, Hadji Mourad, La Dame de pique, Cœur de chien et Tarass Boulba. Réécoutons au volume maximum Boris Godounov, Rouslan et Lioudmila et les symphonies de Chostakovitch. Revoyons en boucle La Ballade du soldat, Soleil trompeur, Moscou ne croit pas aux larmes, Quand passent les cigognes, Le Retour, L’Île

Et surtout, buvons de la vodka en criant: «Mort aux cons!»

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