MEMORABILIA

« Chine – Etats-Unis : 2034, la troisième guerre mondiale éclate en mer de Chine du Sud »…

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Dans un récit d’anticipation, deux anciens militaires américains décrivent l’engrenage infernal entre Pékin et Washington aboutissant à une catastrophe nucléaire. Un scénario noir, mais pas absurde.

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Le destroyer américain USS Decatur en mer de Chine méridionale le 21 octobre 2016.

Le destroyer américain USS Decatur en mer de Chine méridionale le 21 octobre 2016.

Par Maurin Picard (New York)publié le 15/03/2021 L’EXPRESS

Mars 2034. En pleine mer de Chine du Sud, un destroyer américain capte les appels d’un esquif anonyme, en proie aux flammes, et vole à son secours. Pékin lui a tendu un piège. Pris en chasse par un groupe aéronaval chinois, son système d’armes neutralisé à distance, le navire de l’US Navy est coulé par une volée de torpilles et de missiles. Au même moment, un pilote américain perd le contrôle de son chasseur F-35 au-dessus du détroit d’Ormuz et est forcé d’atterrir en Iran. En mer Baltique, des brise-glace russes coupent les câbles alimentant le réseau Internet de la côte est des Etats-Unis, coupant Washington et New York du reste de la planète. LIRE AUSSI >> Le dragon chinois prêt à rafler la mise en 2021

La troisième guerre mondiale vient de commencer. En quelques heures, les Etats-Unis subissent un désastre militaire, surpris par les cyberattaques coordonnées de leurs ennemis chinois, russes et iraniens, unis dans le cadre des « Nouvelles routes de la soie » chinoises. L’engrenage infernal aboutit à un échange de tirs nucléaires contre les cités portuaires de Hangzhou et de San Diego, rayées de la carte. Bilan : des millions de morts, aucun vainqueur.  

Le livre n’amuse personne à Washington

Ce scénario apocalyptique constitue la trame d’un tout récent récit d’anticipation intitulé 2034 : A Novel of the Next World War (Ed. Penguin Press), signé par deux anciens militaires de renom, l’amiral James Stavridis, 66 ans, ex-commandant suprême des forces alliées de l’Otan en Europe, et Elliot Ackerman, 40 ans, vétéran des forces spéciales en Irak et en Afghanistan.

Leur livre, d’un réalisme glaçant, n’amuse personne à Washington, en raison des tensions croissantes avec Pékin. Les risques d’incident ne cessent en effet d’augmenter au large de l’archipel des Spratleys – ces îlots disputés que Pékin militarise en mer de Chine méridionale – et dans le détroit de Taïwan. LIRE AUSSI >> Exercices militaires, tests de missiles…Et si la Chine attaquait Taïwan ?

Auditionné le 9 mars au Sénat, l’amiral Philip S. Davidson s’est dit « inquiet de l’accélération des ambitions chinoises en vue de supplanter les Etats-Unis » comme leader mondial, d’ici à 2050. Observant l’expansion militaire de Pékin dans la région, sa « posture agressive » dans un rapport de force qui devient « défavorable » pour Washington, le commandant des forces américaines dans la sphère indo-pacifique estime que la Chine pourrait envahir l’île rebelle « dans les six prochaines années ».  

Piège de Thucydide

La veille, le général Xu Qiliang, numéro 2 des forces armées chinoises, a appelé à « accélérer le renforcement des capacités » chinoises pour se préparer à une guerre contre les Etats-Unis. Il a évoqué le « piège de Thucydide », une théorie popularisée par le politologue Graham Allison, qui prédit une guerre inévitable lorsqu’une puissance émergente remet en cause la suprématie du leader. De fait, Pékin, qui dispose désormais d’une flotte plus importante que celle des Etats-Unis et joue à armes égales ou quasiment dans certains domaines militaires, déploie des moyens colossaux pour moderniser son armée – elle vient d’annoncer une hausse de 6,8% de son budget de défense pour 2021 (208 milliards de dollars, contre 740 milliardspour les Etats-Unis). LIRE AUSSI >> « La Chine veut se positionner comme le leader de la sortie de crise économique mondiale »

Si elle se déclenche, « il ne faut pas penser que la prochaine guerre ressemblerait à la précédente. Le Pentagone est conscient que nous subirions des pertes massives, mais personne ne semble imaginer que l’un des deux camps pourrait recourir à l’arme nucléaire », s’inquiète James Stavridis, qui a « peur que les Etats-Unis et la Chine n’entrent en guerre sans s’en rendre compte, à la manière des puissances européennes en 1914 ». 

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