BHL, va-t-en-guerre en Ukraine ?

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Georges Michel 31 janvier 2022 BOULEVARD VOLTAIRE

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100.000 soldats russes sont donc massés à la frontière ukrainienne. Les Américains estiment, selon l’AFP et L’Obs du 29 janvier, que les Russes pourraient attaquer l’Ukraine en février. En février : c’est demain, c’est aujourd’hui…

À titre indicatif, l’armée de terre française compte environ 120.000 militaires. Un autre chiffre, pour fixer les ordres de grandeur : environ 70.000 soldats américains, dans le cadre de l’OTAN, sont déployés en permanence en Europe. En Allemagne, s’ils étaient 200.000 en 1990, ils sont encore 34.500 (chiffres de 2021). La semaine dernière, Joe Biden a annoncé qu’il allait envoyer des renforts en Europe. « Pas beaucoup », a-t-il dit. 8.500 soldats – tout de même – ont été mis en alerte. La France, de son côté, a annoncé, samedi 29 janvier, par la voie du ministre Parly, l’envoi de « plusieurs centaines » de militaires en Roumanie, pays limitrophe de la Russie et de l’Ukraine.

Alors, va-t-on vers la guerre ?

Vendredi, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, appelait les Occidentaux à ne pas semer « la panique » en agitant le risque d’une invasion russe. Le même jour, Macron et Poutine s’entretenaient au téléphone et tombaient d’accord sur « la nécessité d’une désescalade ». Ce lundi, les États-Unis et ses alliés de l’OTAN font cependant peser la menace sur la Russie de nouvelles sanctions et, au moment même où ces lignes sont écrites, le Conseil de sécurité se réunit. Conseil de sécurité dans lequel la Russie est membre permanent avec pouvoir de veto sur les décisions… Jeu du chaud et du froid. Partie de poker ou d’échecs. Jusqu’où ne pas aller, la différence entre un incident et un accident ne tenant parfois qu’à un fil, à l’imprévu qui n’était pas dans le plan ?

Dans ce grand jeu (qui n’en est pas un) diplomatico-militaire, il ne manquait plus qu’une voix, forcément autorisée : celle de Bernard-Henri Lévy. C’est fait. Pas en France, mais aux États-Unis. Jeudi dernier, BHL donnait une interview à la chaîne Fox News, réputée pour ses positions conservatrices. « Ce que je vois, c’est un acte de guerre et de chantage incroyable de la part de Vladimir Poutine […] Poutine n’est plus un partenaire de l’Europe. Il n’est plus un adversaire. Il agit comme un ennemi. Et vous avez eu ces derniers jours une série de déclarations menaçant l’Europe [d’] une guerre totale. C’est une situation très très grave qui va bien au-delà du sort de l’Ukraine. » Et le philosophe d’ajouter : « Nous n’avons pas le choix. Nous ne vivons pas dans un monde d’anges […] La prochaine étape pourrait être Taïwan ou ailleurs, et toute la carte du monde sera changée. Nous vivrons dans un autre monde dominé par les Chinois, dominé par les Russes. Est-ce ce que veulent les électeurs américains ? Si nous voulons la paix, nous devons accepter la guerre froide. »

Ce n’est pas faux, c’est sans doute vrai et si l’on peut ressentir une naturelle sympathie pour la Russie, liée à l’Histoire, à sa défense des valeurs chrétiennes et traditionnelles, on n’est pas obligé d’être naïf vis-à-vis de « l’ogre russe ». Alors, on va dire que BHL nous refait le coup comme en 2011 avec la Libye, lorsqu’il jouait de son influence pour que les Occidentaux dessoudent Kadhafi. Son titre de gloire, d’ailleurs. Au micro de France Inter, le 1er avril 2018, il déclarait : « Si j’ai une petite responsabilité dans le fait qu’ils ont lancé cette opération de sauvetage et qu’ils ont continué, tant mieux, je suis très fier de ça. » On sait, maintenant, le chaos migratoire qu’a provoqué par la suite cette expédition militaire…

Pour revenir à l’Ukraine, BHL, bien évidemment, est allé voir là-bas. C’est sa marque de fabrique, souvent contestée ou moquée. Il est allé dans les tranchées ukrainiennes, tel Clemenceau. Voici ce qu’il en a ramené : l’Ukraine a « une armée forte avec un moral patriotique élevé, et ils se battront. Par conséquent, cette guerre, si Poutine décide d’envahir, sera très sanglante et sale. Les Ukrainiens d’aujourd’hui sont capables de se battre, capables de se défendre. J’ai vu leurs tranchées, j’ai vu leurs armes. Ils n’en ont pas assez pour gagner, mais ils en ont assez pour se défendre. » En gros, on risque une guerre du fort au fort. Des propos qui sont, finalement, à bien y réfléchir, pas si va-t-en guerre que ça, l’opinion américaine n’ayant pas forcément envie de se relancer dans une aventure guerrière. D’autant que, si guerre il advenait, elle serait tout sauf fraîche et joyeuse.

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